‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 54 sur 95 · POESIES-HOMMAGES CXVII · texte numérisé non relu

POESIES-HOMMAGES CXVII

Oui, c'est grande pitié de voir une espérance Ravagée en un germe et si vert et si beau ; Lorsqu'un plomb détesté met Dovalle au tombeau, Oui, c'est une pitié, c'est un deuil pour la France !

— La rose se formait, chef-d'œuvre du printemps ; Son calice était plein d'une essence odorante. Et du vent parfumait déjà l'haleine errante... Mais la voilà brisée, hélas ! par les autans !

Au sein de la campagne attentive et ravie,

Le jeune rossignol préludait à son chant

De soir en soir plus pur... Et voilà qu'un méchant

Sur la terre a jeté le rossignol sans vie ! —

Ah ! je pleure ton sort, pauvre barde expirant ; Dovalle î je te pleure, et je ne me console Qu'en regardant ton front où brille une auréole : Parmi nos doux chanteurs nous te gardons un rang !

Emile Grimaud.

Page 1