‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 59 sur 95 · OVID · texte numérisé non relu

OVID

L'aile ternie et de rosée humide, Sylphe inconnu, parmi les fleurs couché. Sous une feuille, invisible et timide, J'aime à rester caché.

Le vent du soir me berce dans les roses ; Mais quand la nuit abandonne les deux, Au jour ardent mes paupières sont closes : Le jour blesse mes yeux.

Pauvre lutin, papillon éphémère, Ma vie, à moi, c'est mon obscurité.

Moi, bien souvent, je dis : « C'est le mystère « Qui fait la volupté ! »

Et je m'endors dans les palais magiques. Que ma baguette élève au fond des bois, Et dans l'azur des pâles véroniques Je laisse errer mes doigts.

Quant tout-à-coup l'éclatante fanfare A mon oreille annonce le chasseur.

Dans les rameaux mon faible vol s'égare, Et je tremble de peur.

Mais, si parfois, jeune, rêveuse et belle, Vient une femme, à l'heure où le jour fuit. Avec la brise, amoureux, autour d'elle Je voltige sans bruit.

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