OVID
L'aile ternie et de rosée humide, Sylphe inconnu, parmi les fleurs couché. Sous une feuille, invisible et timide, J'aime à rester caché.
Le vent du soir me berce dans les roses ; Mais quand la nuit abandonne les deux, Au jour ardent mes paupières sont closes : Le jour blesse mes yeux.
Pauvre lutin, papillon éphémère, Ma vie, à moi, c'est mon obscurité.
Moi, bien souvent, je dis : « C'est le mystère « Qui fait la volupté ! »
Et je m'endors dans les palais magiques. Que ma baguette élève au fond des bois, Et dans l'azur des pâles véroniques Je laisse errer mes doigts.
Quant tout-à-coup l'éclatante fanfare A mon oreille annonce le chasseur.
Dans les rameaux mon faible vol s'égare, Et je tremble de peur.
Mais, si parfois, jeune, rêveuse et belle, Vient une femme, à l'heure où le jour fuit. Avec la brise, amoureux, autour d'elle Je voltige sans bruit.