‹ Poésies complètes. PubliéesChapitre 60 sur 95 · LE SYLPHE · texte numérisé non relu

LE SYLPHE

J'aime à glisser, aux rayons d'une étoile, Entre les cils qui bordent ses doux yeux J'aime à jouer dans les plis de son voile Et dans ses longes cheveux.

Sur son beau sein quand son bouquet s'effeuille. Quand à la tige elle arrache un bouton, J'aime surtout à voler une feuille Pour y tracer mon nom...

Oh ! respectez mes jeux et ma faiblesse, Vous qui savez le secret de mon cœur ! Oh ! laissez-moi, pour unique richesse, De l'eau dans une fleur.

L'air frais du soir ; au bois, une humble couche Un arbre vert pour me garder du jour... Le sylphe, après, ne voudra qu'une bouche Pour y mourir d'amour !

SoapçoG

Purpureus veluti cum flos succisus aratro Languescit moriens...

ViRG.

Que le soc imprudent ait blessé sa racine, Le lis ne soutient plus son front qui se flétrit ; Son calice fermé languissamment s'incline, Perd son dernier parfum, se dessèche et périt.

Aux jours de ton printemps, ainsi, triste et pensive. Tu laisses le chagrin se gHsser dans ton cœur : Tu souffres, tu gémis, et ta bouche craintive N'a jamais dans mon sein épanché ta douleur.

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