RONDEAU VIL
Et ne cesserez vous jamais ?
Tousjours est à recommencer ; C'est folie d'y plus penser, Ne s'en soucier désormais.
Plus avant j'en diroye, mais Rien n'y vault flatter ne tanser:
Et ne cesserez vous jamais?
Tousjours est à recommencer.
Passez a plusieurs moys des Mays Qu'Amours vous vouldrent avanser ; Mal les voulez recompenser, En servant de tels entremais ; Et ne cesserez vous jamais ?
RONDEAU VIIL
Orléans à Ne vers.
Pour paier vostre belle chiere, Laissez en gage vostre cueur,
Nous le garderons en doulceur Tant que vous retourneï en arrière.
Contentez, car c'est la m^.iiere Vostre hostesse pourvosire honneur, Pour paier vostre belle chiere, Laissez en gage vostre cueur.
Et se voiez nosire prière Estre trop plaine de rigueur ' Changeons de cueur, c'eît le meilleur, De voulenté bonne et entière, Pour paier vostre belle chiere.
RjpODEB de Nvvcra.
Mon tresbon hoste et ma tresdauîce hoslesse, TreshumblemeiU et plus vous remercie Des biens, honneurs, bonté et courtoisie. Que m'avej fais tous deux, par vostre humblesse.
Aiissifay je de vostre grant largesse Et tressoirtgneuse et bonne compagnie, Mon tresbon hoste et ma tresdouice hostesse, Treshumblement et plus vous remercie.
Mon pauvre cueur pour paiement vous laisse, Prene^ en gré, et je vous en supplie, EnouUre plus, tant que je puis vous prie Que m'oitroye^ estre maistre et maistresse, Mdn tresbon hoste et ma tresdouke hostesse.
Qu'ilï ne le me font, Pour veoir que feroye Et se je sauroye Leur donner le bont !
Puisque lelz ilz soni, Alifin qu'on les voye, Qu'ilz ne le me font Pour veoir que feroye !
Droit à droit respont, Paier les vouldroyc De telle monnoye Qu'iU desserviront; Quikne le me font!
A ce jour de saint Valen tin Que chascun doit choisir son per, Amours, demourray je non per, Sans partir à vostre butin?
A mon resveillier au matin Je n'y ay cessé de penser, A ce jour de saint Valentin Que chascun doit choisir son per.
Mais Nonchaloir, mon medicin, M'est venu le pousse taster.
Qui m'a conseillié reposer Et rendormir sur mon coussin, A ce jour de saint Voleatin.
J'ay es[é Poursuivant d'Amours, Mais maintenant je suis Hérault; Monter me fauli en l'eschalTault, Pour jugier des amoureux lours.
Quant je verray riens à rebours Dieu seet se je erieray bien hauli :
J'ay esté Poursuivant d'Amours, Mais maintenant je suis Hérault
Et s'amans vont faisant les tours, Taotost congnoistray leur deffault; Ja devant moy clochier ne fault, D'amer sçay parcueur le droit cours, J'ay esté Poursuivant d'Amoura,
Soubz parler couvert D'estrange devise Montrez qu'avez prise Douleur; il y pert.
Du tout en désert N'est pas vosire emprise, Soubz parler couvert D'estrange devise.
Se Confort ouvert N'est â vostre guise, Tost, s'Amour s'avise, Sera recouvert Soubz parler couvert.
RONDEAU Xm.
Laissiez aler ces gorgias, Chascun yver, à la pippéc; Vous verrez comme la gelée Reverdira leurs esiomas.
Dieu scet s'i]z auront froit au Par leur manche deschiquetée, Laissez aler ces gorgias,
Ch:
yver, a la pippee.
Hz ponent peitz soulers gras, A une poulaine emhourrée .
Froidure fera son entrée Par leurs talons naz par embas ; Laissez aler ces gorgias.
s garder
Les en voulez v.
Ces rivières de co Et grues prendre et tenir Quant hault les véez voler !
A. telles choses muser "Voit on tolz souvent servir.
Les en voulez vous garder Ces rivières de courir!
Laissez le temps tel passeï Que Fortune veult souffrir, Et les choses
Que l'en ne scet destourber.
Les ea voulez vous garderl
Au roi de Sicile.
Veu que i'ay tant Amour servy, Ne suis je pas mal guerdoané?
Du plaisir qu'il m'avoit doRné , Sans cause m'a tost desservy.
Mon cueur loyaument son serf vy, Mais a tort l'a habandonné ; Veu que j'ay tant Amour servy Ne suis je pas mal guerJonné!
Plus ne lui sera asservy ; Pour Dieu, qu'il me soit pardonné ,
Jec
n dessen'y,
KéponM par le roi ie Sicile.
Pour tant se vous plaigne j d'Amours , Il n'est pas temps de vous retraire; Car encore il vous pourra faire Tel bien que perdre^ vos dalours.
Vous congnoissej assej ses tours.
Je ne dy pas pour vous desplaire.
Pour tant se vous plaigne^ d'Amours Il n'est pas temps de vous retraire :
Aye^ fiance en lui tousjours Et metlej paine de lui plaire
:une vieille son dueîl plaint, Vouscuidcz quevo^tre mai p.isse.
Ma peine pers comme tait maint Et contre Fortune je chaise ; Desespoir de pis me menasse, Je sens où mon pourpoint m'estraint, Chascime vieille son dueil plaint.
Bien deffeniu, bien assjitly, Ckascun dit qu'il a pranl dolours, Mais, au/ort, jeveuil croire Amours Par qui ledebai esi s.ùlly.
Afin que qui aura faillx, N'aye jamais de lut secours Bien deffendu, bien assailly Chascun dit qu'il a grani dntoiirs.
Carsej'ay en riens dejfailiy De compter mon mal puis deu.v jours, Banny veuH estre de ses cours Com un homme lasclie et/ailly; Bien deffendu, bien assaitly.
Réponie par le duc d'Orlians.
Bien assailly, bien deffendu, Quant assez aurons débattu.
Il faut assembler noz raisons, iî,t que les fons voler faisons Du débat nouvel advenu.
Trestori vous avez combattu.
Et i'ay mon bîllart bien tenu ; C'i^i beau débat que de deux boas; Bien assaîlly, bien defTendu; Quant assez aurons débattu, Il fcsut assembler nos raisons.
Vray est qu'estes d'Amour fem Et en ses fers estroit tenu, Mais moynon, ainsi l'entendons; Il a passé maintes saisons Que tne suis aux armes rendu Bien assailly, bien deflendu.
Vous vistes que le véoye.
Ce que je vueil descouvrir.
Et congnustes, à l'ueil ouvrir.
Plus avant que je ne vouloye.
L'ueil d'erabusche saillit en voye, De soy retraire n'eut loisir, Vous visies que je le véoye, Ce que je vueil descouvrir.
Trop est saige qui ne loloye, Quant on est es mains de Plaisir, Qui lors vint vostre cueur saisir Et fist comme pieça souloye; Vous vistes que je le véoye.
Par rred.,.
Jusques Pasques soient passées , Donnej trieyesà mes pensées.
Je vous pri tant que puis, Amours; Car c'est bien droit qu'à ces bons Jours En paix de vous soient iessées.
Assej l'Of ^ens les ont lassées Et, pour ceste/oij couroussées ; AUe^ ailleurs faire vos tours; Jusques Pasques soient passées, Donnej trieves à mes pensées.
Je vous pri tant que puis, Amours.
Pour plus donc n'estre d'eulx pressées.
Qui tant les ont fort menassées, Faittes les crier par vos cours.
Et leur deffendej bien tousjours Que par eulx ne soient cassées, Jusques Pasques soient passées.
Rilpante par le duc d'Oriéans.
Tant que Pasques soient passées, Sans resveiller le chat qui dort, Fredet je suis de votre accort Que pensées soient cassées;
Et enaumaires entassées Fermans à clef tresbiea et fort ,
Tant que Parues soient passées Sans resVËillerle chat qui dort.
Quanc aui miennes, ek sont lassées, Mais de les garder mon eifort Fcray, par I "avis dé Confort , En fardeaulx d'espnlr amassées Tant que Pasques soient passées.
Beauté, gardez vous de mes yeuls, Car ilz vous viennent assaillir; S'ilz vous povoient conquérir, Ilz ne dematideroyent mieuls.
Vous es'cs seule soubz les cieuli Le trésor de parfait plaisir, Beauté, gardez vous de mes veulx
aiUir.
Congneusles ay jeunes et vieulx Qu'il ne leur chauldroit de morir. Mais qu'eussent de vous leur désir; Je vousavise qu'ilz soni tieulx, Beauté, gardez vous de mes yculi.'"
Bien viengne doulx regart qui rît , Quelque bonne nouvelle porte.
Dont Dangier fort se desconforte Et de courroux en douleur frit.
Ne peut chaloir lie son depit Ne de ceulx qui sont de sa sorte;
vienRne doulx re^jart qui rit, Quelque bonfie nouvtlk porte.
Dangier dist : baille par escrtpt.
Et qu'il n'entre point en la porte.
Mais Amour comme la plu^ forte, Veult qu'il entre sans contredit.
Bien viengne doulx regan qui rit.
En la promesse d'Espérance Où j'ay tant perdu et usé , J'ay souvent conseil reflusé , Qui me povoit donner Plaisance.
Las! ne suis le premier de France Qui sottement s'est abusé En la promesse d'Espérance Où j'ay tant perdu et usé.
Et de ma nysse gouvernante Devant Raison j'ay accusé Mon cueur, mais il s'est excusé Disant que deceu l'a Fiance Eo la promesse d'Espérance.
Mon cueur, îl me faull estre mesire A ma foii, aussi bien que vous
Certes il convient ainsi estre,
Trop longuement m'avez fait pcstre Et tousjours tenir au dessoue,
Moo cueur, il me fault e:
li bien que v Allez à dextre ou à senesire, Pris serez, sans estre rescoiis, Passer vous faulc, mon amy doulx, Ou par là, ou par la fenestre.
Mon cueur, il me fauh estre mestre.
Mes yeulx trop sont bien reclamés Quant ma Dame û les appelle, Leur monstranC sa grant beauté belle, Hz reviennent comme affamez.
Maugrc mesUisans peu amez Et Dangier qui tient leur querelle, Mes yeutx trop sont bien reclamés Quant ma Dame si les appelle.
Estre devroient diffamez S'ilz ne voloyent de bonne elle Vers les grans bienS qui sont en elle , Mes yeulx trop sont bien reclamés.
Retraiez vous, regart mal avisé.
Vous cuidez bien que nuUuy ne vous voye ; Certes Aguet par tous lieux vous convoyé Privcement, en habit déguisé.
De f;ens saichans en estes moins prisé D'ainsi tousjours trotter par myla v Retraiez vous, regart mal avisé,
HONBEAUX.
Vouscuidez bien que natluyne ro
js voyc.
Dangier avez contre vous atîsé ,
Quant Sot Maintien tellement vous
forvoye ;
Au derrenier, faudra qu'il y pounc
ye;
Il est ainsi que je Tay devisé ;
Retraiez vous, regart mal avise.
Regart, vous prenez trop de
paine
Tousjours coures et raccourés
Il semble qu'aux barres jouez
Reprenez ung peu vostre alain
Cueurs qu'Amour tient en se
ndemaine
Guident qu'assaillir les voulez
Regart, vous prenez trop de pa
ne
Tousjours coures et raccourés
Amours, une foiz ta sepmain
C'est raison que vous reposez
Et affin que ne morfondez
11 faudra que l'en vous pourma
ine.
Regart, vous prenez trop de paine. . H
Le voulez vous
Que vostre soye?
Rendu m'octrove
Pris ou recous.
Ung mot pour tous
Bas qu'on ne loye :
Le voulez vous
ff4 CBARLBt D^QELiAHt»
Qiïe vostre soye.
Maugré jalous , Foy vous tendroye; Or sa, ma joye, Accordons nous, Le voulez TOUS?