‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 108 sur 228 · RONDEAU XXVIII · texte numérisé non relu

RONDEAU XXVIII

Crevez moy les yeulx Que ne voye goutte, Car trop je ràoutte Beaulté en tous lieux. .

Ravir jusqu'aux cieulx Veult ma joye toute ; Crevez moy les yeulx Que ne voye goutte.

D'elle me gard Dieux, Affîn qu'en sa route Jamais ne me boute ; N*esse pour le mieulx?

Crevez moy les yeux.

Quant je la regarde , Elle vient ferir Mon cueur, de la darde D'amoureux désir; Crevez moy les yeulx.

Jeunes amoureux nouveaulx , En la nouvelle saison.

Par les r

Chevauchent faisnns les saulx.

Et fom saillir des carrcauhc Le feu , comme de chartion.

Jeunes amoureux nouveaulx, En la nouvelle saison.

Je ne sçay se leurs travaulx Ilz employant bien ou non; Mais piqués de l'esperon Sont autant que leurs chevaulx.

Jeunes amoureux nouveauls.

Gardez le trait de la fenestre , Amans, qui par rues passez, Car plus tosl en serez blessez Que de trait d'arc ou d'arbalestre.

N'alez à destre ne à seneslre , Regardant, mais les yeulx bessez; Gardez le traii de la fenestre, Amans, qui par rues passez.

Se n'avez medicin bon maistre, Si tost que vous serez navrez A Dieu soiez recommandez, Mort vous tiens, demandez le prestre; Gardez le trait de la fenestre

Eo gibessant toute i'apràs disnée Par my les champs pour me desanuyer

gô CHARLES n'ORtÉANS.

N'a pas long lemps que faisoye, l'autr'ier. Voler mon cueur après maime Pensée.

I.'aquîlote, Sou'.enance nommée, Sourdoil deJuit ei savoir remerchîer.

En gibessani toute l'après dîsnée Par my les champs pour me desaniiyer.

Gibessiere de Passe Temps ouvrée, Emply toute d'assez plaisant gibier ; El puis je peu mon cueur, au derrenier. Sur ung faisant d'Espérance Celée, En gibessani toute ^'aprës dîsnée.

Que faut il plus à ung cueur amoureux, Quant assiégé l'a Dangier. de Tristesse, Qu'avitailler tantosc sa forteresse D'assez vivres de Bon Espoir eureux ?

Cappitaine face Désir Songneux Qui, nuyt et jour, fera guet sans peresse; Que faut il plus à ung cueur Amoureux Quant assiégé l'a Dangier de tristesse.

Artillié soit d'Avis Avantureux, Coulevrines et canons à largesse, Prez, assortiz et chargiez de Sagesse, Es boulevcrs et lieux avantageux; Que faut il plus â ung cueur amoureux !

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