‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 118 sur 228 · RONDEAU LXXIII · texte numérisé non relu

RONDEAU LXXIII

Le trouveray je jamais Ung loyal cueur joîacc au mien.

A qui je soye tout sien, Sans départir désormais?

D'en deviser par souhais.

Souvent m'y'esbas; et bien, Le trouveray je jamais Ung lovai cueur joinct au mten?

Autant vault se je m'en lais, Car certainement je tieii Qu'il ne s'en fera jà rien; En toute chose a ung mais.

Le trouveray je jamais?

RONDEAD LXXIV.

Gens qui cuident esire si saiges Qu'ilz pensent plusieurs abestir,

Qu'on n'aperçoive leurs courages.

Payer leur tàuldra les usages De leurs becz jaunes, sans faillir, Gens qui cuident estre si saiges Qu'ilï pensent plusieurs abestir.

On scet par anciens ouvrages, De quel mestier scevent servir ;

Il me pleust bien, (Se tour il a) Quant me monstra Que estoit tout mien.

Par son maintien Tost me ga:igna.

Il me pleust bien, • Se tour il a.

Sans dire rien, Mon cueur pensa, Et ordonna Qu'il seroit sien:

Il me pleust bien.

En mon cueur chéoit, Et là devinoye, Comme je pensoye, Qu'ainsi m'ave-ndroit.

Fol, tant qu'il reçoit, Ne croit rien qu'il voye.

En mon cueur chéoit, Et là devinoye

Sotye seroit Se plus y musoye ; Ma teste romperoye ; Soit ou tort ou droit, En mon cueur chcoit.

RONDEAU LXXVIL

Quant j'ay ouy le tabourin Sonner, pour s'en aller au May, En mon lit n*en ay fait effray, Ne levé mon chief du coissin ;

En disant : il est trop matin, Ung peu je me rendormiray; Quant j'ay ouy le tabourin Sonner, pour s'en aler au May.

Jeunes gens partent leur butin, De Nonchaloir m'acointeray, A lui je m'abutineray.

Trouvé Pay plus prouchain voisin, Quant j'ay ouy le tabourin.

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