‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 117 sur 228 · RONDEAU LXVIII · texte numérisé non relu

RONDEAU LXVIII

Ci pris, ci mis, Trop fort me lie Merencolie, De pis en pis.

Quant me tient pris En sa baillie, Ci pris, ci mis, Trop fort me lie.

Se hors Soussis Je ne m'alie A Chiere lie, Vivant languis, Ci pris, ci mis.

CIIAKLES D'OftLËANS. ^^H

Et de cela, qûoy?

Se Soussy m'assault, A mofl cueur n'en chauli,

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pperçoy, :ns n'y vault.

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|UOy, l'assauît?

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it et chault, ainsi fault,

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Et d 1

voy; laoy?

Et de cela, quoy?

En ce temps nouveau.

Soit ou laid, ou beau, 11 m'en chault bien poy.

Je demourray quoy En ma vieille peau.

Et de cela, quoy, En ce temps nouveau?

Plusieurs, comme voy, Ont des pois au veau; Je mettray mon seau Qu'ainsi je le croy.

Et de cela, quoy ?

Oncques feu ne fut sans fumée, Ne doloreux cueurs sans pensée, Ne reconfort sans espérance.

Ne joyeulx regart sans plaisance, Ne beau soleil qu'après nuée.

J'ay to«t ma «sentence donnée.

De plus sachant soit amendée, J'en dy selon ma congnoissance :

Oncques feu ne fut sans fumée.

Ne doloreux cueurs sans pensée.

Esbatement n'est sans risée, Souspir sans chose regretée, Souhait sans ardant desirance, Doubte sans muer contenance, C'est chose de vray esprouvée; Oncques tcu ne fut sans fumée.

Chantez ce que vous pensez, Monstrant joyeuse manière, Ne la vendez pas si chierc, Trop envis la dc^penscz.

Or sus, tost vous avancez, Laissez coustume cstrangiere.

Chantez ce que vous pensez, Monstrant joyeuse manière.

Tous noz menuz pourpensez Descouvrons, à lye chiere, L'un à l'autre, sans prière.

J'acheveray, commencez, Chantez ce que vous pensez*

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