RONDEAU CLII
le duc d'Orléans.
En la toreu de Longue Attente, Par vent de Fortune Dolente, , Tant y voy abatu de bois Que, sur ma foy, je n'y congnois A présent ne voye, ne sente.
Pieçâ, y pris joyeuse rente, Jeunesse la payoit contente.
Or n'y ay qui vaille une nois.
En la forest de Longue Aiienie, Par vent de Fortune Dolente, ' Tant y voy abaiu de bois 1
Vieillesse dit, qui me tourmente :
Pour toy n'y a pesson, ne vente, Ck>mnie tu as eu autreffoii; Passez sont tes jours, ans et mois; Soufiize toy et te contente, En la forest de Longue Attente. '
Por madams d'OrlÉ»Ti»,
En la forest de Longue Attente, Entrée suis en une sente.
Dont osier je ne puis mon cueur, Pourquoy je vjf en grant langueur Par Fortune qui me tofirmente.
Souvent Espoir chascun contente.
Excepté moi, povre dolente.
Qui, niy( et jour, suis en doleur; En laforest de Longue Attente, ^Entrée suis en une sente Dont osier je ne puis mon cueur.
Ay je donc tort se me garmente Plus que nulle qui soit viventef Par Dieu, nennil, veu mon maleur; Car, ainsi m'aisi mon Créateur Qu'il n'est paine que je ne sente En laforest de Longue Attente.
Pot FirJdel.
En la forest de Langue .
Des brigans de Soussi bien , Heloi! ont pris mon povre i El Dieu scet se c'est grant De veoir comment or,
Priant vostre aide, se lamente Pource que ckascun d'eulx se vente Qu'ilj'le merronl à leur Seigneur.
En laforest de Longue Attente, Des brigans de Soussi bien trente, Helas! ont pris mon povre cueur.
Et pource, à vous il s'en garmente.
Car il voit bien qu'ilj ont entente De lui faire tant rigueur Qu'il ne sera mal, ne doleur, Se n'y pourvoyez, qu'il ne sente En la forest de Longue Attente.
l66 CHARLB8 d'ORLÉANS.