‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 143 sur 228 · RONDEAU CLIII · texte numérisé non relu

RONDEAU CLIII

Réponse du duc d'Orléans.

En la forest de Longue Attente, Forvoyé de joyeuse sente Parla guide Dure Rigueur, A esté robbé vostre cueur, Comme j'entens, dont se lamente.

Par Dieul j'en congnois plus de trente Qui, chascun d'eulx, sans que s'en vente, Est vestu de vostre couleur, En la forest de Longue Attente, Forvoyé de joyeuse sente.

Et en briefz motz, sans que vous mente, Soiez seur que je me contente, Pour allegier vostre douleur.

De traitter avec le seigneur Qui les brigans soustient et hente En la torest de Longue Attente.

Par messire Philippe Pot «

En la forest de Longue Attente Où mainte personne est dolente.

Espoir me promist de donner.

Se bien vouloye cheminer.

Ce qui tous amoureux contente.

Tay tout mis, cueur, corps et entente A traverser chemin et sente Pour cuider ce grant bien trouver ; En la foresl de Longue Attente Oii mainte personne est dolente.

Espoir me promist de donner.

Mais d'une chose je vie vente Que fay eu tous les jours de rente.

Pour ma queste parachever, Paine et Ennuy, sans conquester Riens, si non Dueil qui me tourmente.

En la Jorest de Longue Attente.

En la/orest de Longue Attente Où les contentés Dieu contente.

Je vous asseure, sur ma foy.

Que je n'y ay eu, tant soit poy, Joye, ne bien dont je me sente.

Pensej se ma vie est dolente, Veu, qu'ainsi soit, je me garmente Et que nui bien n'y a pour moi En la forest de Longue Attente Oit les contentés Dieu contente.

Au fort, d'une chose me vante, Se je ne /aulx en mon entente.

Ou se la mort brie/ne reçny.

Que je y auray, savej vous quoyf Aucun plaisir qui vauldra rente.

En la/orest de Longue Attente.

Pïr Uuiot Pot.

En laforest de Longue Attente, Jà pieçd, fus en une sente, Là oiij'ay esgaré mon cueur.

Mais y souffrit tant de douleurs Que tousjours convient que s'en sente.

Depuis, lousjotirs tant fort lamente.

Par Fortune qui le tourmente, Qu'ilfault qu'il vive en grant langueur. En laforest de Longue Attente, Ja pieçà, fus en une sente.

Mais, s'il eschappe, bien se vente Qu'il gardera qu'on ne le lente Par Beau Parler, ne par Rigueur; Car chascun se doit tenir seur Que l'onfault bien à son entente En laforest de Longue Attente.

Par Cilles d» Oimci.

En la forest de Longue Attente, Mon poyre cueur tant se garmente D'en saillir par aucune voye.

Qu'il ne lui semble pas qu'il voye Jamais la fin de son entente.

Deconfort le t\ Qui par telle façon le tente Que j'ay paour qu'il ne le forvoye, En laforest de Longue Attente.

Espoir en riens ne le contente, Comme il souloit, pour qttoy dolente Sera ma fie, oit que je soye.

Et si auray, en lieu de joye, Dueil et Soussi tousjours de renie, En laforest de Longue Attente.

Par Jacques bâttrd de li Tn

En laforest de Longue Attente J'ay couru, l'année présente.

Tant que la saison a duré, Mais fay esté plus maleuré Que homme qui vive, je m'en vente.

La Haye fut garnie de tente.

Et fis ma queste belle et gente.

Suivant les chiens, je m'esgaré En la forest de Longue Attente ; J'ay couru, l'année présente.

Tant que la saison a duré.

Je cours, je corne, j En traversant, sans trouver Me trouvay tresfort enserrt Tout seul presque désespère Cuiday mourir desfoij soiji En laforest de Longue Attente,

17^ CHARLES D*ORL£aNS.

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