RONDEAU CLXIII
Ce n'est que chose acoustumée.
Quant Soussy voy vers moy venir, Se lost ne lui venoye ouvrir, Il romproit l'uis de ma Pensée.
Lors fait d'escremie levée, El puis vient mon cueurassaillir.
Ce n'est que chose acoustumée, Quant Soussy voy vers moy venir,
Adonc preot d'Espoir son espée Mon cueur pour des coups soy Et se deffendre et garentir; Ainsi je passe la journée,
n'est que chose acoustumée.
[ Par m'amc, s'il en fusi en moy,
f Soussy, Dieu scet que je leroye!
I Moy et tous, de toy vengeroye;
Il y a bien raison pourquoy.
Riens ne dy qu'ainsi que je doy,
Et telle est la voulenté moye.
176 CHARLES D^ORLÉA-NS.
Par m'ame, s'il en fust en moy, Soussy, Dieu scet que je feroyel
Ung chascun se complaint de toy, Pource, voulentiers fin prendroye Avec toy, se je povoye; Je n'y vois qu'à la bonne foy, Par m'ame, s'il en fust en moy.
Chascun devise à son propos, Quant à moi, je suis loing du mien.
Mais mon cueur en espoir je tien Qu'il aura une foiz repos.
Souvent dit, me tournant le dos Je doubte que n'en sera rien.
Chascun devise à son propos, Quant à moy, je suis loing du mien.
Tenez l'uis de Pensée clos, Faittes ainsi pour vostre bien ; Soussy vous vouldroit avoir sien, Ne croyez, n'escoutez ses mos; Chascun devise à son propos.
RONDEAU CLXVI,
Ennemy, je te conjure, Regart, qui aux gens cours sus ; Vieillars aux mentons chanus.
Dont suis, n'avons de toy cure.
Jeune, navré de blesseure Fu par toy, n'y reviens plus,
Ennemy, je te conjure, RegarC, qui aux gens cours su
Va quérir ton avaniure Sus amans nouveaulx venus; Nous vieub, avons obtenus Saufconiiuitz, de par Nature; Ennemy, je te conjure.