POÉSIES ATTRIBUÉES
Ainsi me sembloit il d'elle Que s'amour me fust làillie,
Départie,
Et guerpie ; M'eust laissié la bonne belle.
Dont ensuies grant querelle.
Moy et elle, Advint qu'en une chappelle Nous nous trouvasmes tous deux, Et je lui dis : « Bonne et Belle, Ne me soiez si cruelle, Puis que nous sommes tous seulz.
Dictes moy vostre vouloir, Ne me vueilliez décevoir, Ne mectre à nonchaloir.
Car, vers vous n'ay rien forfait.
— Mon amy, vueilliez savoir, Vous me feistes trop doloir ; Ne savez vous comment il m^st?
Vous m'avez abandonnée
Et laissiée,
Désolée,
Esloingnée ; A qui oseray je dire Ma tresdolcntc pensée
Qui grevée M'a, et trestant mal menée Que je vis en grant martire.
N'est riens qui me puist sou (lire,
Tant ay d'ire ; Quant es autres vous voy rire, Et grant )oye démener, Je ne vueil avoir nul mire
Qui me mire, J'ayme mieux mes jours liner. »
Et lors nous nous advisasmes, El l'un l'autre pardon nasmes, Car pour obvier mains blasmes, Il nous iàillut esloingner ; Noz amours renouvellasmes, Bt de nouvel nous jurasmes De nous lo^'aument amer.
Cecy nous dura long temps; On dit qu'au bout de sept ans Revient voulentters mal ans; Ainsi m'est il advenu, Dont je vis piteusement,
En tourment, Las! je suis pis que perdu.
Elas ! trescruelle mort,
Tun
A la more,
Bonnement ne l'ose dire
Mon confort.
Ma joye et mon déport.
Or me fault passer du port, Du royaume en l'empire, De tout plaisir en tristesse; Mectre mon cuer en destresse
Qui me blesse.
Et ne cesse De destruire ma jeunesse ,
Dont liesse
Elas
De dire las ! tjue feray?
Que diray ? où iray ?
Si raourray, Ou si de dueil creverayî Car ie n'ay que eaniay Elas! et ont me meciray Jusques mes jours fineray?
En lieu ne repos eray Jusque là où la verray.
Car pour ce que tant l'aymay, Tous les jours souhaitcray La mort qui desjà m'aprouchc ; Entre deux je ne vouldroye Estre en lieu ont eust joye,
Com souloye, Car ma douleur doubleroît,
Vëoir ce qu'avoir souloye !
Elas! cannieulx ameroye
M'en foui
e soit,
Disant adieu trcsdouloureux, Adieu, adieu tous amoureux, Adieu le plaisir de mes yeulz, Adieu, sans plus estre joyeulx.
Adieu le bien de tous les lieux Adieu le mien dessoubz les deux Adieu regard tresgracieux, J'en preing congié de cneur pitei Si fineray ma complainte, Ma joye sera acteinte, Et de douleur auray mainte
Grant actainte Dont il me convient languir
Et sévir.
Car j'ay.aymé, et sans faînte, Celle qu'avoye tant crainte, Que pour elle vuei! mourir !
Sa tresbonne n
X CHARLES d'ORLÉANS.
Sa grâce de lous louée
Et de beauté aournée,
Tant amce ec prisée,
Désirée
De trestouie autre gent,
U feit estre regrectée,
Dont ay la mort demandée ,
Toute joye oubliée.
A Dieu son ame command.
Et sachiez certainement
Trestous li léal amant,
CJ'endis tant,
Sans nulle dame blasmer)
Que c'estoil la plus plaisant
Des belles et avenant,
C'ompeust des yeulx regarder.
C'est k recon fortement
Que j'ay en mes jours lînant,
A Dieu, Iresdevoieraent,
Qu'en son Paradis brîefment
Son ame puisse trouver.