‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 19 sur 228 · DU LAY PITEUX · texte numérisé non relu

DU LAY PITEUX

Sans vous veoir,

Près du manoir,

Amy de vous.

it espoir Fereï devoir, Souviengne vous Que laissay tous, Par vous vouloir. Sans vous veoir.

Fatilce mort, Agrant tort.

M'as grevée, Et ostée - Mon déport ; Mon cuer mon Car trop fort L'as serré, Faulce mort.

Près du bort Du mal port M'as laissiée Désolée, Sans Confort, Faulce mort.

Bien puis dire souvent elas !

Comment m'est il mesavenu I

La mort, que moqué ne m'a pas,

La belle bonne m'a tollu,

Et m'a laissié depourveu

De tous les biens qu'avoir souloye,

Tout plain d'ennuy, sans point de joye ;

Sy pryà Dieu qu'en son manoir,

L'ame de soy tout droyt envoyé

Ont la puisse brielment véoir.

Helas! amy, d'un de sesdars

Soudainement More m'as leru;

De mon me«chief je n'ose pas

Faire semblant qu'ay receu.

Or, ay je bien tresiout perdu.

Car seulement quant je pensoye

De la véoir m'esjoïssoye.

Ou près, ou loing ei main et soir ;

Or à présent, esire vouldroye

Ont la puisse briefment véoir.

Hé! Dieu d'Amours trop pugny m'as

Sans toy me sera bien deceu,

Quant me souvient qu'entre ses bras

Amy tout seul m'ot retenu

Mon cueur et moy si bien pourveu;

Eslre tout sien lui promecioye

Tresloyaument. et lui disoye :

Vueillez vostre amy recevoir;

Or à présent estre vouldroye

Ont la puisse briefment véoir.

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