COMMENCEMENT
«fane
Fortune, vray est vostre comte Que, quant voz biens donné avez« Vous les reprends; mais ^est honte Et don d'en&nt, bien le savez.
Ainsi faire ne le devez.
Voz Êiiz vous mettez à Tenchiere, Chascun ce qu'il en peut en a Et ne vous chault comment tout va; Pour Dieu, changez vostre manière
Je meurs de soif emprès de la fontaine; Suffisance ay, et si suis convoiteux; Une heure m'est plus d'une quarantaine; Droit et partit, je chemine boiteux;
espacient, plus que nul despiteux; E retiens tout, et ce que j'ai, dépars; A moy cruel et aux autres piteux, Le neutre suis, et si tiens les deulx pars.
En double suis de chose trescertaine; Infortuné, je me repute eureux ; Vrayc conclus une chose incertaine; Rien je ny fois, et suis adventurcux ; Flebe me tiens, quant me sens vigoreux ; Plain de moisieur. tout tremblant au feu ars ; Doulx et begnïn, de semblant rigoreux.
Le neutre suis, et si liens les deux pars.
Quant dueil me prent, grant joye me demaine ; Par giant plaisir, je deviens langoreux ; Indigent suis, possident grani demaine; Qui n'a nul goust, je le tien; savoreux ; 'est amer, de lui suis amoureux ;
piorant suis, et si sçay les Sept Ars;
n grant seutté, fort craintif ei paoureux, e suis, et si tiens ks deux pars.
. Qui me loue, il m'est injurieux;
e bouge, quant d'un lieu je me pars ; [Par bien ouvrer, en vain laborieux.
il* neutre suis, et si tiens les deux pars.
POËSIB& ATTHIU
BALLADt:.
Je meurs de soif au prËs de la foniaioe; Tant plus mengae, et tant plus je me allame ; Povre d'argent oli ma bourse est plaine, Marié suis et si n'ay point de tame; Qui me honnore, grandement me diffame ; Quant je vois droit, lors est que me dcvoye ; Pour lozet pris, je tiltre de diffame; Grief desplaisir m'est excessive joye.
Quant on me toult, richement on me estrciini Dix mil onces ne me sont qu'une dragme ; Sec et brahaing, je porte fleur et graine ; En reposant, sur mer tire «la rame; Actaine suis en tous lieux où n'a ame; Accompaigné, je n'ay qui me convoyé; Toute entière est la chose que je entame. Grief desp lais Ir m'est excessive joye.
En aspirant, je retiens monalaine; Quant eor me vient, maleureuit je me clame Fort et puissant, flexible comme laine; Transi d'amours sans avoir nulle dame ; Homme parfait, privé de corps et d'ame; Paisible suis, et ung chascun guerroyé ; Mes ennemis plus que tous autres ame; G rie t desplaisir m'est excessive joye.
Mauvaise odeur m'est plus âeurant que I Pasmê de dueil, angoisseux me resjoyc ; En eaue plungié, je brule tout en flame , Griei Jesplaisir m'est excessive joie.
Je n'ai plus sait', larie est la l'oniaine, Repeu je suis de compétent viande,
pris trêves affiji que fin ne me actaîne, imulanl, lâult que le hurtacicnde; Adjoint des Ueu\. saii« que nul vilipeade,
fesiie l'un, à Taustre Ibis la moue;
L ce faisant, pour éviter cscande, Entre deux eaues, comme k poissun, noue.
En grant travail j'ai frapé la quintaine, Jusques ung temps fault qu'à repos entende; Pour obvier à voyc trop haultaini;, Le moien tiens, affin que ne desceiiJe ; J'ai eu delay de paier mon amende ; En courroux taînt, couvertement me louc. En reculant pour mieuU saillir en lande, Entre deux eaucs, comme le poison, noue.
Ne vert, ne meur, mon ble mengue en t;r:iini Dueil et plaisir me tiennent en commande ; En divers Heuï çk et là me pourmaine:
La moitié fois, quant tout l'en me comniande ; A demy trait lors esc que l'arc débande, Pour abréger, d£ l'un ne l'autre loue, Participant de l'une et l'autre bande, Entre deus eaues, comme le poisson, nuuc.
Par prière de afTalctce demande.
Interrogé se l'ung ou l'autre avoue, A ce respODS, se aucun le me demande ; Entre deux eaues, comme le poisson, noue.
Parfont conseil
Eue
H IW
Que l'omme, r'i FolementMOfi abutatur; Raiion ? le sens kebelarur.
De omni viro quel^u'il soit ; Fol non crédit tant qu'il reçoit.
Et constat, par cesie kcron.
Pour conserver vim et robur, Prestat ne faire mot ne «on, Souffrir et escouier murmur.
Si conjunx clamât ad ce mur, Fingat que pas ne le conçoit, Fol non crédit tant qu'il reçoit.
Fortior mullo que San son En cesi assault conjuncitur; Contra de Venus l'escusson Le plus fort bourdon plicatur (Le vers manque.) Sed quisquis pas ne le conçoit, Fol non crédit tant qu'il reçoit
Prince tressaige, legitur Qiiod astucior si déçoit, 1-e mieuls nagent y mergilut Fol non crédit tant qu'il reço
Jemeursde soif au près de la fontaine ; J'ai tresgrani fain, «si ne puis mengier; Je suis au bas en la maison hauhaine, El enchartré en ung iresbeau vergiei-; En grant péril, et hors de tout dangier; Les biens que j'ay, me font povrc indigent ; En beau logis, ne me sçay où logier; Je gaigne assez, et si n'ay point d'argent.
Je fais granC dueil, tristesse m'est lolngtair Dormir ne puis et ne fais que songier; Je suis tout sain et ay fièvre quartaine; Tout esdenté, mon frain me fault rongier ; Vérité dy, et si suis mensongier ; Je suis recluz, hanlé de tout gcnt; Congneu de tous et à tous estrangier; Je gaigne assez, et si n'ay point d'argent.
Grant double fiiys de chose bien certaine; Incertain suy, et si en vueil jugier ; Ou champ estroit je jouste J la guiniaine; Non offencé, je me cuide vcngier; Ung pesant faiz me semble trcslegier; Je suy paillart eCcontrefay du gent; Par trop couart, hardy comme ung Ogier; Je gaigne assez, el si n'ay point d'argent.
Prince, je suy siche, pour abregier, Prodigue aussi, nonchallant, diligent, Assez subtil, plus simple que bergler.
Je gaigne assez, et si n'ay point d'argent.
J'ay tam en moy de deaplaisjr Puis qu'il me convient de partir Hdqs! de vou^el laingalerl Et si ne puis à vous parler (Dont i'auray maint mal à souffrir) N'est riens qui me peuM esjouir !
Si n'est le tresdoulx souvenir Que j'ay par vous bien fort amer, J'ay tant en moy de desplaisir.
Adieu ma joye, mon plaisir, Adieu mon loyal souvenir; Adieu belle dame sans per; Adieu dire m'est coup mortel,
J'ay tant en moy de desplaisir.
En ces te nouvelle saison Qui remplis! jeunes cuers de joye Et qu'Amours sault de sa maison Pour conquester aucune proye Nulle riens n'ay qui me guerroyé Se non Jeunesse qui me prie D'estre amoureux plus c'oncques m
A CHARLKl li'uHUlîiNS.
Mais ainsi ne seray je mie ;
Il me vault mieulx tenir en paix.
Je ne congnois point d'achoison Poiirtiuoy son conseil croire lioye En elle n'a riens de Raison.
Pour trop fol doncques me tiendroye S'aprês elle me gouvernoye.
Quel besoing est que je me lie Quant je suis franc en tous mes fais!
Pardieu, ce seroît grant folie 11 me vault mieulx tenir en paix.
Je suis de ceste eniencion Et seray quelque part que soye, Mais Dieu me gart de la prison Qu'Amours souvenielloys m'envoie Par mes yeuU qui trop vont en voye; Combien que souvent je leur die Qu'ilzfoot mal, dont je leur desplais;
Pour
, pour.
Il me vault mluolx t
r d'euU
J'ay essaie, toi Qu'est de porter Pourquoy congni lime vault mieul:
Jedeffy Tristesse Et tout son povoir, Car Plaisant Léesse, Par joyeus Espoir M'a fait assavoir Me taisant promesse Que de bon vouloir, Sans me décevoir.
Me sera maistresse, Et fera avoir Des biens a largesse.
C'est ce qui redresse En confort, pour voir.
Le mal qui me blesse Et me fait douloir Souvent main et soir Et sy fort me presse, Que, par nonchaloir,
Mon cuer en destresse, Loings de recevoir Des biens à largesse.
Faictes pour moy com j'ay pour ■ Retenez moy par dessus tous Amy tout seul, tresbelle Dame, Je vous jure sur Dieu, sur m'ame,
Ne vueil servir autre que vous, Faictes pour moy com j'ay pour vous.
Guérissez moy du mal d'Amours Et me donnez du bien de vous, Reconfort tel plus ne m'en chaille, Mon bien, m'amours, mon fin cueur doulx, A vous me rens, à vous sur tous, Faictes pour moy com j'ay pour vous.
Je vous ayme plus que autre femme N'autre que moy n'aura la garde Helas de moy qui suis à vous, Faictes pour moy com j'ay pour vous.
riN DU TOME PREMIER*
TABLE DKS MATIÈRES
DU TOltE PREMIER.
Préface :
Vie de Charles d'Orléans i à xlvii
Le Poème de la prison :
Poème de la prison i
Copie de la lettre de retenue i3
Ballades I à LXXI i5 à 91
Songe en complainte 92
Requeste aux exoellens et puissans en noblesse,
Dieu Cnpido et Vénus la déesse 97
La Despartie d*aniours en ballades 10 1
Ballades :
Ballades I à IV ii3 à 116
Obligation de Vaillant . 117
Vidimus de la ditte obligation par le duc d'Orléans. 118 Entendit de la ditte obligation par maistre Jehan
Caillau 119
Ballades V à XXV 120 à 145
Ballades sur plusieurs sujets :
Ballade I. Orléans contre Garancièrcs 146
Ballade II. Réponse de Garencières. ..*.,, i , 147
e Itl à XI .
mS i ii7
Bullude XII. Otlii
Ballade Xlil. Bourgns^c à Orléans 159
Ballade XIV. Orléans à Boargafide 160
Billade XV. BourgognE i Orléan [61
Ballade XVL Orléans à Bourgogne i6j
Ballades XVtl à XIX i()3 à iGS
Ballade XX. Orléin& i Bourgogne 166
Ballade XXI. Oridant à Bourgogne 167
Ballades XXII i XXVill 169 i ryS
fiépoiuc du Duc d'Orléans. iKt
FreJetau Ducd'OrNons 184
La Complainte de Franco i^
Complaintes I, II, III 193 à 198
POÉEIBS ATTRIBUÉES A CuAKI.ES U'O»! ÉANS :
Lay piteux toi
Ballade m
Commencement d'une ballade 311
Ballades diverses 211 i m
POESIES FRANÇAISES
DE