‹ Poésies complètesChapitre 119 sur 151 · BALLADE SUR LA GENTILLE FAÇON DE ROSE · texte numérisé non relu

BALLADE SUR LA GENTILLE FAÇON DE ROSE

Rose est toute caprice, et moi J'adore son œil qui pétille, Et je sens des bonheurs de roi Rien qu'à lui baiser la cheville.

Elle s'habille, elle babille, M'appelle avec son regard bleu, Et puis s'enfuit comme une anguille :

Jamais ne vîtes si beau jeu.

Je marche, comme à Fontenoy, Contre la folle qui frétille; Et la voici presque en émoi.

Puis elle s'envole et grappille Une praline à la vanille :

On dirait que je parle hébreu !

La bonne heure qu'elle gaspillai Jamais ne vîtes si beau jeu.

Je veux la quereller, ma foi !

Mais sa colère est si gentille I Allons, c'est moi qui fais la loi, Je la caresse et je la pille.

Mais elle remet sa mantille, M'eftleure de sa lèvre en feu, Et pleure pour ma pecctidille :

Jamais ne vîtes si beau jeu.

ENVOI

Je baise une larme qui brille, Un bout de dentelle, un cheveu ; Elle rit, la méchante fille !

Jamais ne vîtes si beau jeu.

Février 1862.

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