‹ Poésies complètesChapitre 43 sur 151 · K CHARLES ASSELINEAU · texte numérisé non relu

K CHARLES ASSELINEAU

Vainement tu lui fais affront^ Votre brouille m'amuse.

Car je reconnais sur ton front Le baiser de la Muse.

ODELETTES. 163

Tout est fini, si tu le veux ;

Mais que le vent les bouge, Vite on le voit sous tes cheveux,

La place est encor rouge.

Tu fuis le bois des lauriers verts Et la troupe des cygnes,

Et, pour mieux laisser Part des vers A des chanteurs plus dignes,

Tu ne t'égares plus jamais

Sous la lune blafarde.

La modestie est bonne, mais

Cette fois prends-y garde I

Par ces scrupules obligeants.

Trop souvent on* condamne

La fée amoureuse à dos gens Coiffés de têtes d'âne.

Firdusi ne vit plus à Thus !

Toutes les nuits un ange Vient baiser les fleurs de lotus

Aux bords sacrés du Gange ;

L'hyacinthe frissonne encor Dans les clairières lisses ;

Toujours, faisant du soleil d'or Les plus chères délices,

La rose à sa douce senteur

Enivio Polymnie, Mais je connais plus d'un auteur

Qui n'a pas do génie!

<6u ODKLr:TTRS.

Viens ! ne laisse pas galamment Notre gentille escrime

Aux sots, privés également De raison et de rime.

Au moins, reprends notre lien Pour une année entière l

Et d'ailleurs, ami, tu peux bien Chez le vieux Furetiève

Errer comme en un Sahara;

Acheter et revendre '

Des bouquins; Érato saura

Toujours où te reprendre I

Au mois où s'ouvrent les boutons, Tous ceux (Jni l'ont aimée

Reviennent comme des moutons Sur sa trace charmée.

Or, justement, pris à l'attrait De mes rimes prolixes.

J'entends errer dans la forêt Les elfes et les nixes ;

Et, dans le parc où nous songeons,

La sève, dont la force Croit, gonfle déjà les bourgeons

Prêts à rorai»re l'écorce.

Mai 1855.

ODEtETTES. I«Î7

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