‹ Poésies complètesChapitre 44 sur 151 · A HENRY MURGER · texte numérisé non relu

A HENRY MURGER

Gomme Tautre Ophélie, Dont la douce folie S*endort en murmurant Dans le torrent,

Pâle, déchevelée Et dans l'onde étoilée Éparpillant encor Ses tresses d'or,

Et comme Juliette, Qui craignait l'alouette Éveillée au matin Parmi le thym.

Elle est morte aussi jeune Au bel âge où l'on jeûne, Ta pensive Mimi Au front blêmi,

Et, dans la matinée De la vingtième année, Elle a fermé ses yeux Insoucieux.

Parmi les pâles ombres Q^î joyeuses ou sombres, A l'entour de ton front Voltigeront,

^«C> ODELETTES.

Db^ il en est plus d'une Dont )a tendre înfortone SouTent nous consola : Mais celle-là,

C*est notre bien-aimée !

Sa trace parfumée Reste encor dans les champs Avec nos chants !

Lorsque, dans la nuit brune»

Un frais rayon de lune Argenté les berceaux Et les ruisseaux,

Gomme une autre Giselle, Elle effleure de Taile Les lys extasiés Et les rosiers,

Et, diaphane et blanche, Le soir vers nous se penche.

En posant ses deux mains Sur les jasmins.

Sa plainte triste et pure Dans le ruisseau murmure, Et s'envole en rêvant Avec le vent.

Que le printemps renaisse»

Ame de ta jeunesse, Elle tressaille aux sons De tes chansons,

ODELETTES. 1H9

Et parfois se soulève, Pour les entendre en rêve Dans la brise passer Et s'effacer.

Rendors-toi, dors heureuse.

Pauvre fille amoureuse : Notre amour te défend Gomme un enfant!

Croise tes mains d'ivoire :

Car, du moins, ta mémoire Qui «(ait nous attendrir, Ne peut mourir !

Que le zéphyr en fête Te berce! le poëte, Qui jadis te pleura, Se souviendra!

Dans l'herbe toujours verte Où, de roses couverte.

Penche sous le tombeau Ton front si beau,

La fleur de la prairie Brille, toujours fleurie, Et peut se marier A son laurier 1

Mai M55. -

.^^ ODELETTES.

A KDMOXD ET JULES DÇ GONCOURT

^nmttit >*t tttt beau lac où le feuillage tremble, 7i.»i\ .>î«3<^ "Awis l'azur au loin voguent ensemble;

i^'jMUtttf c^x fiers chevaux, buvant au flot des airs, i^ »iàit>a<; év^^hevelés dans le feu des déserts;

(^•>iiàaw ^u un bas-relief plus blanc que les étoiles, Su.Vvm<^?ot le front haut deux vierges aux longs voiles;

Cuiam^ deux vers jumeaux volent d'un même essor, Vitvictu^s par la Rime avec des liens d'or;

IV iwt'^me, avec amour, frères, vos deux pensées Marchent d'un pas égal, l'une à l'autre enlacées.

poôtes heureux I comme dans votre esprit.

Le môme ardent rayon sur vos lèvres fleurit,

Et, par un double effort, vos âmes fraternelles Vei*s le môme Idéai ensemble ouvrent leurs ailes !

Mai 1855.

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