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octobre

A ALFRED DEHODEXCO

Tenir la lumière asservie Lorsqu'elle .voudrait s'envoler.

Et voler A Dieu le secret de la vie ;

Pour les mélanger sur des toiles Dérober même aux cicux vengeurs

Leurs rougeurs Et le blanc frisson des étoiles ;

Gomme on cueille une fleur éclose.

Ravir à TOrient en feu

Son air bien Et son del flamboyant et rose ;

Pétrir de belles créatures, Et sur d'éblouissants amas

De damas Éparpiller des chevelures;

Inonder de sang le Calvaire Ou jeter un éclat divin

Sur le vin Qu'un buveur a mis dans son verre ;

Se réjouir des pierreries, Et jet^ le baiser vermeil

Du soleil Jusque sur les rouges tueries ;

Créer des êtres, et leur dire :

« Misérables, c'est votre tour !

Que l'Amour De sa folle main vous déchire ; »

Enfin pour ce monde risible Forçant la couleur à chanter,

L'enchanter Par une musique visible.

Voilà vraiment ce que vous faites.

Peintres ! qui pour nous préparez

, Et parez

Sans repos d'éternelles fêtes 1

Ouvriers, inventeurs, génies I Par un miracle surhumain,

Votre main Réalise ces harmonies

Où la couletir qui se déploie En accords de la nuit vainqueurs^

Dans nos cœurs Fait jaillir de« sources de joîe.

Et nos fronts sont baignés d'aurore.

Mais Tons, par nn retour fatal,

L'Idéal Tous martyrise et tods dérort .

Et Tos enchantements snblïmas.

Tons les payez de Totre chair;

11 est cher.

Le fen qu'on rôle sor lu ctmut

Si ta montas arec délice L'escalier bien des paradis

Interdits, Va inexprimable supplice

Te ponit, 6 rérenr étrange Qui sus donner i'illnsion

Dn rayon De lumière où s'envole on Ange;

Et lorsque tout le ciel flamboie Dans ta prunelle nn d'amour.

Un Tantour Tient manger hm cteur et ton Cûe.

LBS UUSES AU TOlf BBAQ

Près de la pierre close Sous laquelle repose Théoiriûle Gantier, ^oo toot eutîa'y

ODELETTES. 213

Car par son œuvte altiôre Ce dompteur de matière Est comme auparavant Toujours vivant,)

Regardant cette tombe De leurs yeux de colombe, Les Muses vont pleurant Et soupirant.

Toutes se plaignent : celle Dont Tœil sombre étincelle Et qui réveille encor Le clairon d'or,

Celle que le délire Effréné de la Lyre Livre aux jeux arrogants Des ouragans,

Celle qui rend docile La flûte de Sicile Et tire du roseau

Des chants d'oiseau,

Celle qui, dans son rêve Farouche, porte un glaive Frissonnant sur son flanc Taché de sang.

Et celle qui se joue Et pour orner sa joue Prend aux coteaux voisins Les noirs raisins,

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Et Up:o^î';*: 'I^A,

La Nymphe ac pied rafÂde, CeLie qui, sar ies monts Où noa? Taimons,

Par sa grâce savante.

Fait Toir, ehar-srin Tirante, Tons les rhvthmes dansanti Et bondissants.

Gai. tontes se lamentent Et pieasement chantent Dans l'ombre où leur and S*est endormL

Car il n'en est pas nne Qui n'ait eu la fortune D'obtenir à son tour Son fier amoor ;

Pas une' qu'en sa Tie Il n'ait prise et ravie Par un chant immortel Empli de ciel !

Ses pas foulaient ta cîme, Mont neigeux et sublime Où nul Dieu sans effroi Ne passe ; et toi,

Fontaine violette, Il a vu, ce poëte, Errer dans tes ravins Les chœurs divins!

ODELETTES. 215

Et toi, monstre qui passes A travers les espacés, Usant ton sabot sur Les deux d'azur,

Cheval aux ailes blanches Gomme les avalanches.

Tu prenais ton vol, Toeil Ivre d'orgueil,

Quand sa main blanche et nae T'empoignait sous la nue^ Ainsi que In le veux.

Par les cheveux I

Mais, ô Déesses pures, Ornez vos chevelures De couronnes do lleui'S, Séchez vos pleurs !

Car le divin poëte Que votre voix regrette Va sortir du tombeau Joyeux et beau.

Les Odes qu'il fit naître Lui redonneront l'être A leur tour, et feront Croître à son front

Victoiieux de Fombre, L'illustre laurier sombre Que rien ne peut faner Ni profaner.

216 ODELETTES.

Toujours, parmi les hommes.

Sur la terre où nous sommes n restera yivant, Maître sayant

De rOde cadencée, Et sa noble pensée Que notre âge adora, Joyeuse, aura

Pour voler sur les lèvres Que brûleront les fièvres De notre humanité^ L'éternité 1

Jeudi, 7 novembre 187S.

On Bsit qne le prince des poètes décréta In !«nfpres* sion de Thiatus et Tentrelacement régulier des rimes masculines et féminines ; mais, par malheur, on a été plus royaliste que le roi en se jprivant de certains rhythmes exquis, ou composés senleotont ^e rimes d*an seul sexe, ou offrant des rencontres de rimes diverses du mèms sexe.

Notke tur MomMord»

KOUVEL.LES ODELETTES AMOUREUSES

aOHPOSÂn SQll^ 01»' BffVTBMBI DB BONtABD

Plas de foÎ3, dans tes bras ciiarmaiiii Captif, j^'ai béni mes prisons, Que le ciel n*a de diamants ; E' pour tes noires trahisons J'ai versé plus de pleurs amers Que n'en tient le goui!re des mers.

Mes chants ailés, je te les dois !

Plus haineuse que les bourreaux, Mon cœur a saigné sous tes doigts;^ Mais que de fois, comme un héros Qui vient de voler son trésor, J*ai dormi sur te:^ cl.*;voiix d*orl

Tu m'as versé le vin du ciel I

Et mes maux seront pardonnes

A ton désœuvrement cruel,

Si les baisers que m'a donnés

Ta lèvre pareille à des fleurs

Sont aussi nombreux que mes pleurs*

Nice, février 1861.

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