LA LYRE DANS LES BOIS
PBTIT PROLOGUE POUR UNE SYMPHONIE GOMIQUB
Le musicien, fils des Dieux,' Est maître absolu de notre âme, Et dans l'Infini radieux Il l'emporte en son vol de flamme.
Il est le maître, il est le roi, Sans fusils ni canons de cuivre, Sans batailles pâles d'effroi; Dès qu'il ordonne, il faut le suivre.
RiMKS D oui': ES. 245
Donc, — il le veut, — partons, fuyons, Quittons pour ses apothéoses Cette fête où dans les rayons Resplendissent les lèvres roses ;
Cette fête aux aspects, charmants Où parmi les flammes fleuries Brillent les éhlouissements Des femmes et des pierreries.
Il va, le chanteur inspiré :
Suivons-le d'un vol énergique Au loin, sous le ciel azuré, Dans la grande forêt magique ;
Au bois, où se mêlent encor Sous les ombres silencieuses Le divin rire aux notes d'or Et les larmes délicieuses ;
Où du sein des antres profonds Les oiseaux donnent la réplique A des virtuoses bouffons Jouant un air mélancolique.
Là, comme un seigneur espagnol* Tandis que Vénus étincelle.
Le mélodieux rossignol Se plaint d'amour à la crécelle.
Puis, dans un triste adagio, La trompette gémit et pleure Sur notre époque d'agio Que jamais un rêve n'efileare i