‹ Poésies complètesChapitre 60 sur 151 · SI · texte numérisé non relu

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Caille, coucou, dans le verger Tout s'évertue et bat des ailes ; Et celle qui d'un pied léger Bondit sur les herbes nourelletf

La DRnse, folle du tdmboar.

Brisant le lien qui la sangle, Bondit, haletante d'amour, Et s'envole avec le triangUl

Voix, parlez aux rameaux UotlctnL ; Musique, enchante la ravine l Tenez, mesdames, de tout temps Ce fut de même, j'imagine,

Sur l'herbe et dans les noirs ravins Et parmi la feuille e obscure, Un échange de chants divins Entre la Lyre et la Naturel

Au temps où les bêtès pleuraient^

Dans la sainte nature fée

Les lions soumis adoraient

Un chanteur qu'on nommait 0. phôe<

Car (dans mon rêve je le toii Éveillant les antres sonores) Il avait dans sa grande voix L'éblouissement des atiroreSi

RIVES DOUÉES. 9tà

La profondeur de» deux, le ton • Qui monte des »phères saeréM, L'honreur des bois et le frisson Des étoiles enamonrées*

A rOpéra Ton eût sifflé, Mais les panthères et la lice.

N'ayant pas sur elles de clé, N*y cherchaient pas tant de matietf

Et les tigres dans les déserts Dédaignaient la façon banale De bâiller à tous les beaux airs, •«« N'ayant pas de loge infernale.

Dans l'ombre des rochers épars Ou groupés son| un noir mélëte, Les onces et les léopards Tout bonnement se pâmaient d'aise ;

En ces temps naïfs, aucun d'eax N'avait peur de paraître bête, Et de leurs bons mufles hideux Ils léchaient les pieds du poëlo.

Oh! s'envoler comme Ariel!

Quitter la terre avec délire, Prêter l'oreille aux voix du ciel Et ne pas dédaigner la Lyre l

1UÂ HIMES BORÉES.

Pauvres gens, — qui nous enivrons D'entendre une horrible Victoire Mugir avec les noirs clairons, — Ce serait notre seule gloire !

Dans ce cas-là, si nous voulions.

Nous aurions neut-être, je pense^ Autant d'esj, [ue les lions :

Ce serait notre récompense.

Rappelez-vous ce mot vanté Do Shakspere, qui divinise Le doux clair de lune enchanté:

C'est dans Le Marchand de Venise*

Lorenzo, qui sur tous les tons Peignait son amour jeune et folle, Dit à sa maîtresse : « Ëcoutons La musique, » 6 sainte parole !

Et voici que les deux amants Écoutent dans la nuit sans voiles Les purs concerts des instruments Se mêler au chant des étoiles.

Oh I puisque le musicien.

Nous emportant dans Tharmonie, Nous prend, libres de tout lien, Sur les ailes de son génie;

Puisque, nous enivrant d'accords.

Nous pouvons avec un sourire Entendre la harpe et les cors, Gomme les amants de Shakspere,

Faisons comme eux: envolons-nous Au-delà du monde physique, Et, comme dit en mots si doux Le msdtre, « Écoutons la musique I »

Mai 1867.

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