LA JEUNE PAYSANNE
En été , quand le foin était fauché ,
Et que le blé ondoyait vert dans chaque champ ^ Quand la luzerne fleurissait blanche sur la prairie ,
Et que les roses s'épanouissaient dans chaque buisson, L'enjouée Bessy, dans l'endroit où on trait les vaches ,
Dit : Je me marierai ^ arrive que pourra ; Là-dessus une femme ridée par l'âge prit la parole -,
Un bon avertissement ne fait pas de mal.
C'est vous qui en avez, des amoureux.
Et , ma fille , vous êtes bien jeune, vous savez ; Mais attendez un peu, et choisissez adroitement
Une riche cuisine, un riche parloir :
Il y a Johnie de Buskie-Glen ,
Pleine est sa grange , pleine est son étable ; Retenez cela de moi , ma belle poule ,
C'est l'abondance qui entretient le feu de l'amant.
Johnie du val de Buskie?
Je ne m'en soucie pas tant que dune mouche ; Il aime si fort ses récoltes et ses vaches ,
Qu'il n'a pas d'amour disponible pour moi : Mais Robie me fait gaiemciit les yeux doux ,
Et je sais bien qu'il m'aime tendrement ; Une œillade de lui , je ne la donnerais pas
Pour Buskie-Glen et tout son avoir.
0 fille étourdie, la vie est un combat 1
Si uni que soit le chemin , la lutte est rude ;
Mais toujours la main pleine est celle ((ui se bat le mieux , Le souci de la faim est un cruel souci :
Mais les uns veuU-nt dépenser, et les autres économiser.
Et les gens volontaires doivent avoir leur volonté ; Selon que vous brasserez, ma belle ûllctte, Faites attention qu'il vous faudra boire l'aie.
Oh ! l'argent m'achètera des sillons de terre ,
Et l'argent m'achètera des moutons et des vaches : Mais le cœur sensible du charmant amour,
L'or et l'argent ne sauraient l'acheter : Nous pouvons être pauvres — Robie et moi,
Léger est le fardeau que lamour impose ; Le contentement et l'amour amènent la paix et la joie,
Qu'ont de plus les reines sur leur trône ?