PEGGY
La figure de ma Peggy, la tournure de ma Pegg^- Réchaulferaient la vieillesse glacée d'un ermite; Le mérite de ma Peggy, l'esprit de ma Peggy Charmeraient le premier des mortels.
J'aime l'air angélique de ma Peggy, Sa figure d'une beauté si vraiment céleste, Sa grâce naïve si dénuée d'art ; Mais j'adore le cœur de ma Peggy.
La blancheur du lis, les couleurs de la rose, Le feu brillant d'un œil , Qui ne reconnaît leur pouvoir magiiiue.
Mais (pii ne sait qu'ils se ternissent tous î La tendre émotion, la larme compatissante. Le dessein généreux, noblement cher.
Le doux regard qui désarme la fure\n-, Ce sont là des charmes immortels.
POKSIÏÏS DE BURNS. 213
Aucune noble dame, si belle qu'elle soit, Ne sera jamais le souci de ma muse ; Tous leurs titres ne sont qu'un vain apparat. Donnez-moi ma fillette des Hautes-Terres, oh!
CHOEUR
Dans le vallon touffu , oh 1
Au-dessus de la plaine si remplie de joncs, oh 1
Je m'assieds de bien bon cœur,
Pour chanter ma fillette des Hautes-Terres, ohl
Oh 1 si ces collines et ces vallées là-bas étaient à moi , A moi ce palais et ces beaux jardins 1 Le monde alors connaîtrait l'amour Que je porte à ma fillette des Hautes-Terres , oh ! Dans le vallon, etc.
Mais la Fortune frivole me maltraite, Et je dois traverser la mer furieuse ; Mais tant que couleront mes flots de pourpre , J'aimerai ma fillette des Hautes-Terres, oh! Dans le vallon, etc.
Quoique je traverse des climats étrangers. Je sais que son cœur ne changera jamais. Car son sein brûle du feu de l'honneur, Ma fidèle fillette des Hautes-Terres, oh! Dans le vallon, etc.
Pour elle j'affronterai le rugissement de la vague, Pour elle j'affronterai la rive lointaine, Afin que la richesse de l Inde puisse jeter du lustre Autour de ma fillette des Hautes-Terres, ohl Dans le vallon, etc.
Elle a mon cœur, elle a ma main ,
Par les liens sacrés de la vérité et de 1 honneur !
Jusqu'à ce que le coup de la mort m'abatte,
Je suis à toi, ma fillette des Hautes-Terres, oh !
Adieu le vallon si touffu, oh !
Adieu la plaine si remplie de joncs , oh ! H faut maintenant aller dans d'autres lieux , Chanter ma fillette des Hautes-Terres, oh!
Je ne suis point un homme d'église pour railler et écrire, Un homme d'Etat ni un soldat pour intriguer et combattre , Ni un rusé homme d'affaires combinant un piège, Car une bouteille au gros ventre fait tout mon souci.
Je n'envie pas le pair, je lui donne son salut ;
Je ne dédaigne pas le paysan, si bas cju'il soit ;
Mais une réunion de bons garçons , comme ceux qui sont ici ,
Et "une bouteille comme celle-ci, font ma gloire et mon souci.
Ici le squire passe sur son frère — le cheval ; Là cent pour cent , l'homme de la Cité , avec sa bourse ; Mais voyez-vous la Couronne, comme elle flotte dans lair! Là une bouteille au gros ventre calme toujours mon souci.
La femme de mon cœur, hélas ! elle est morte ; J'ai couru à l'église pour avoir de douces consolations ; J'ai trouvé que le vieux Salomon avait eu raison de dire Que la bouteille au gros ventre est un remède à tout souci.
On me persuada une fois de faire une pacotille ;
Une lettre m'informa que tout avait péri ; —
Mais précisément le vieil hôte poussif montait en se dandinant,
Avec une glorieuse bouteille qui mit fin à mon souci.
« Les soucis de la vie sont des consolations i, » — maxime posée Par le barde, comment l'appelez-vous? qui portait la robe noire; Et ma foi je suis d'accord avec le vieux fat a un cheveu près, Car une bouteille au gros ventre est un ciel de soucis.