DUO
LUI
0 Philly, heureux soit ce jour Où, rôdant dans les tas de foin, Mon jeune cœur me fut dérobé , Et par tes charmes, ma Philly
O Willy, toujours je bénis le bois Où je te fis l'aveu de mon premier amour Tandis que tu promettais aux puissances d'en haut D'être mon cher Willy.
LUI
Comme les chantres de l'année nouvelle Sont chaque jour plus doux à entendre , Ainsi chaque jour plus chère pour moi Et plus charmante est ma Philly.
ELLE
Comme sur l'églantier la rose naissante Embaume toujours plus suave et s'épanouit plus belle Ainsi dans mon tendre sein croît L'amour que je porte à mon "SVilly.
LUI
Le soleil plus doux et le ciel plus bleu Qui couronnent de joie les soins de ma moisson , Ne furent jamais si bien venus de mes yeux Que l'est la vue de mn Philly.
ELLE
L'aile folâtre de la petite hirondelle , Quoique amenant le printemps fleuri , Ne m'apporte jamais d'aussi bonnes nouvelles Que la rencontre de mon ^Villy.
iO
■230 POESIES DE BLRNS.
LUI
L'abeille qui , aux heures de soleil , Boit le nectar clans la fleur entr'ouverte, Est peu de chose comparée à ma volupté Sur les lèvres de ma Philh.
ELLE
Le chèvrefeuille sous l'humide rosée, Quand les ombres du soir s'assemblent en silence ]S"est pas si parfumé ni si doux Que lest un baiser de Willy.
LUI
Que la roue de la fortune coure au hasard , Et que les sots perdent , et que les fripons gagnent ; Mes pensées se résument toutes en une, Et c'est ma chère Phillv.
ELLE
Que sont toutes les joies que l'or peut donner 1
Je ne me soucie pas plus de la richesse que d'une mouche ,
Celui que j'aime est celui qu'il me faut,
Et c'est mon cher Willv.
0 froide pauvreté et amour inquiet,
Vous détruisez ma paix à vous deux ; Pourtant je pourrais tout pardonner à la pauvroté .
Si ce n'était pour ma Jeanio.
Oh 1 pourquoi le sort a-t-il tant de plaisir
A dénouer les liens les i)lus chers de la vie? Ou pourquoi une fleur aussi charmante que l'amour
Dépend-elle de l'éclat de la fortune?
Quand je pense à la richesse de ce monde, A son orgueil , et tout ce qui s'ensuit :
Honte, honte à l'homme stupidc et lâche. D'en être l'esclave !
Oh 1 pourquoi, etc.
Son œil d'un si beau bleu révèle
De quel retour elle paye ma passion ;
Mois prudence est son refiain iJcrpéluel , Elle parle rang et fashion Oh '. pourquoi j etc.
Oh! qui peut penser à la prudenre.
Ayant une telle fille près de soi !
01) ! (lui peut penser à la prudence
Étant amoureux comme je le suis!
Ohl pourquoi, etc.
Heureux le sort de l'humble paysan !
Il fait la cour à sa simple bien-aimée ; Ces sots lutins, la richesse et le rang,
Ne peuvent jamais les eiïrayer.
Oh ! pourquoi le sort a-t-il tant de plaisir
A dénouer les liens les plus chers de la vie? Ou pourfiuoi une fleur aussi charmante cpie l'amour
Dépend-elle de l'éclat de la fortune?
Oh! le souffle desséchant de la fortune en courroux
A jeté à bas ma feuille , oh !
Oh! le souffle desséchant de la fortune en courroux
A jeté à bas ma feuille , oh 1
Ma tige était belle, mon bouton était vert. Ma fleur s'épanouissait charmante, oh!
La rosée tombait fraîche, le soleil se levait doux, Et faisait croître mes branches , oh !
Mais les aquilons orageux de la mauvaise fortune Ont jeté à bas toutes mes fleurs , oh !
Mais les aquilons orageux de la mauvaise fortune Ont jeté à bas toutes mes tleurs , oh !
LA BELLE LESLEV
Oh ! avez-vous vu la belle Lesley Quand elle a passé la frontière?
Elle est allée , comme Alexandre , Etendre ses conquêtes plus loin.
La voir, c'est l'aimer,
Et n'aimer qu'elle pour jamais.
Car la Nature l'a faite ce qu'elle est ,
Et n'a jamais fait sa pareille '.
Tu es une reine , belle Lesley,
Tu vois tes sujets devant loi, Tu es divine, belle Lesley,
Les cœurs des hommes t'adorent.
Le Diable ne pourrait te nuire
Ou à rien de ce qui t'appartiendrait ;
11 regarderait ta jolie ligure,
Et dirait : « Je ne puis pas te faire de mal. »
Les puissances d'en haut te garderont, L'infortune ne te persécutera jamais ; Tu es comme elles si aimable.
Qu'elle ne laisseront jamais le mal approcher de toi.
Reviens, belle Lesley,
Reviens en Calédonie 1 Que nous puissions nous vanter d'avoir une fille
Qui n'a pas sa pareille en beauté.