Le thé. (A^. d. Irad
POKSIES DE BUHNS. 7
Qu'ils nous porsccutent de leurs histoires et de leurs noms mans- El nous en écurdient les oreilles; ^saJ^^-^'o
Je chante la liqueur que 1 ori:e d'Ecosse sait nous faire En verre ou en pot.
0 toi , ma muse '. bonne vieille boisson écossaise , Soit que tu circules dans les serpentins tortueux, Ou que , richement brune , tu mousses i)ar-dessus les bords
En glorieuse écume , Aide-moi . juscju'à ce que je balbutie et cligne de l'œil .
A chanter ton nom !
Que le froment cossu orne les vallées ,
Et que les avoines dressent leur corne barbue.
Et que les pois et les fèves, soir ou matin,
Parfument la plaine ; Je suis fier de toi. Jean Grain d'Orge,
Toi le roi des Grains !
C'est de toi souvent que se nourrit 1 Ecosse, En gâteaux flexibles . élite des aliments 1 Ou jeté dans le flot bouillant
Avec les choux verts et le bœuf; Mais lorsque tu verses le sang de ton cœur plein de force ,
C'est surtout alors que tu brilles.
La nourriture emplit le ventre et nous tient vivants ,
Quoique la vie soit un présent qui ne vaut pas qu'on l'accepte
Lorsqu'on la traîne lourde de peine et de chagrin;
Mais , huilées par toi , Les roues de la vie descendent allègrement la pente
Avec un joyeux bruit.
Tu éclainis les idées du Savoir alourdi; Tu réjouis le cœur du Souci languissant; Tu raffermis les nerfs du Travail
A sa tâche pénible ; Tu illumines même le sombre Désespoir
D'un ténébreux sourire.
Souvent, revêtu d'un habit d'argent massif,
Tu dresses la tète au milieu des grands;
Mais humblement serviable au temps du besoin ,
Le vin du pauvre , Son petit pudding de gruau , ou son pain ,
Tu lui tiens lieu de toute une cuisine.
Tu es la vie des réunions publiques;
Sans toi. que .seraient nos foires et nos fêtes?
Même les pieuses assemblées des saints.
8 POÉSIES DE BUHNS.
In>pu\'os par toi .
Qnnnrl. bourho l)i\into. elles a5sié;j;ent les chaires en plein vent Sont doublement ferventes.
Ce joyeux soir cù nous rentrons le jïrain .
Avec (juel charme alors tu mousses clans la corne !
Ou fumant . le matin du nouvel an .
Dans le bowl ou la jatte de bois , Avec une petite goutte d'esprit brûlée dedans,
Et du sucre savoureux 1
Quand S'ulcain gonfle de vent ses soufflets.
Et (jue les paysans se rassemblent avec leurs outils ,
Oh! c'est merveille de te voir siffler et écumer
Dans la tasse de bois à anse !
Alors brùle-vent ^ avance comme la mort
A chaque coup.
Pas de merci , alors , pour le fer ou lacier ;
Le charnu , ossu , jeune paysan
Fait rouler vigoureusement et tomber à tour de bras
Le fort marteau , Jusqu'à ce que billot et enclume résonnent et chancellent
Sous son bruit étourdissant.
Quand les enfants criards voient la lumière ,
Tu fais babiller bel et bien les commères
Sur le peu de cas que les sots maladroits font de leiirs chéries :
Maudit soit le nom '.
Aucune sage-femme n"a une soirée agréable,
!s'i un sou d'eux.
Quand des voisins sont en procès ,
Et aussi furieux cju'il est possible de l'être.
Ojmbien aisément le jus de l'orge peut
Concilier la ([uerelle 1 De tous les honoraires d'avocat le moins cher,
C'est de recourir au baril.
Hélas 1 faut-il que ma muse ait sujet
D'accuser ses compatriotes de tiahison!
Mais beaucoup humectent journellemeiil leur trachée-artère
Avec d'agréables liqueurs , El c'est à peine si , ime f»)is dans tout l'hiver,
Ils lui en demandent le prix.
Fi de l'i-au-de-vie . cette ilrogue l)n'il;uite '.
Si)Urce cniclle de m;iinle douN^u" et m;ilailie subite 1
1 Le forETcron X.d.tmcl..
Elle enlève à maint pauvre ivrogne , hL-bété et stupide ,
La moitié de ses jours; Et envoie, de plus, l'argent de la vieille Ecosse
A ses plus grands ennemis.
Vous , Ecossais , qui voulez du bien à la vieille Ecosse !
C'est à vous surtout que je parle ,
Pauvres diables sans un liard ainsi que moi !
Il vous est nuisible D'avoir affaire aux vins amers et coûteux .
Ou à la liqueur étrangère.
Puisse la gravelle déchirer sa vessie , Et la goutte le torturer pouce à pouce , Celui qui tord sa face d'un air
D'aigre dédain A l'oifre d'un verre de punch de whisky
Avec d'honnêtes gens.
G whisky 1 àme des jeux et des badinages 1 Accepte les humbles remercîments dim barde ! Quand tu me manques . combien criards et discords
Sont mes pauvres vers 1 Tu viens , ils résonnent à leur rang ,
Au c-1 l'un de l'autre'.
0 toi , Ferintosh 1 si cruellement perdu ! Ecosse , gémis de côte en côte 1 Maintenant la colique et la coqueluche
Peuvent nous tuer tous ; Car le bateau frété du loyal Forbes
Est pris I
Ces maudites sangsues de l'accise , Qui font leur butin des alambics à whisky 1 Lève ta main , diable 1 une fois , deux fois , trois fois 1
Allons , saisis-moi ces drôles !
Enfourne-les dans des pâtés de soufre,
Poui" les pauvres bu^ eurs damnés !
Fortune! si seulement tu veux m'assurer
Des culottes en bon état, un pain, et un quart de pinte de whisky
Et force rimes pour extra vaguer à volonté ,
Prends tout le reste , Et fais tes affaires comme ton aveugle habileté
Te diriiïera le mieux.