‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 20 sur 267 · Le thé. (A^. d. Irad · texte numérisé non relu

Le thé. (A^. d. Irad

POKSIES DE BUHNS. 7

Qu'ils nous porsccutent de leurs histoires et de leurs noms mans- El nous en écurdient les oreilles; ^saJ^^-^'o

Je chante la liqueur que 1 ori:e d'Ecosse sait nous faire En verre ou en pot.

0 toi , ma muse '. bonne vieille boisson écossaise , Soit que tu circules dans les serpentins tortueux, Ou que , richement brune , tu mousses i)ar-dessus les bords

En glorieuse écume , Aide-moi . juscju'à ce que je balbutie et cligne de l'œil .

A chanter ton nom !

Que le froment cossu orne les vallées ,

Et que les avoines dressent leur corne barbue.

Et que les pois et les fèves, soir ou matin,

Parfument la plaine ; Je suis fier de toi. Jean Grain d'Orge,

Toi le roi des Grains !

C'est de toi souvent que se nourrit 1 Ecosse, En gâteaux flexibles . élite des aliments 1 Ou jeté dans le flot bouillant

Avec les choux verts et le bœuf; Mais lorsque tu verses le sang de ton cœur plein de force ,

C'est surtout alors que tu brilles.

La nourriture emplit le ventre et nous tient vivants ,

Quoique la vie soit un présent qui ne vaut pas qu'on l'accepte

Lorsqu'on la traîne lourde de peine et de chagrin;

Mais , huilées par toi , Les roues de la vie descendent allègrement la pente

Avec un joyeux bruit.

Tu éclainis les idées du Savoir alourdi; Tu réjouis le cœur du Souci languissant; Tu raffermis les nerfs du Travail

A sa tâche pénible ; Tu illumines même le sombre Désespoir

D'un ténébreux sourire.

Souvent, revêtu d'un habit d'argent massif,

Tu dresses la tète au milieu des grands;

Mais humblement serviable au temps du besoin ,

Le vin du pauvre , Son petit pudding de gruau , ou son pain ,

Tu lui tiens lieu de toute une cuisine.

Tu es la vie des réunions publiques;

Sans toi. que .seraient nos foires et nos fêtes?

Même les pieuses assemblées des saints.

8 POÉSIES DE BUHNS.

In>pu\'os par toi .

Qnnnrl. bourho l)i\into. elles a5sié;j;ent les chaires en plein vent Sont doublement ferventes.

Ce joyeux soir cù nous rentrons le jïrain .

Avec (juel charme alors tu mousses clans la corne !

Ou fumant . le matin du nouvel an .

Dans le bowl ou la jatte de bois , Avec une petite goutte d'esprit brûlée dedans,

Et du sucre savoureux 1

Quand S'ulcain gonfle de vent ses soufflets.

Et (jue les paysans se rassemblent avec leurs outils ,

Oh! c'est merveille de te voir siffler et écumer

Dans la tasse de bois à anse !

Alors brùle-vent ^ avance comme la mort

A chaque coup.

Pas de merci , alors , pour le fer ou lacier ;

Le charnu , ossu , jeune paysan

Fait rouler vigoureusement et tomber à tour de bras

Le fort marteau , Jusqu'à ce que billot et enclume résonnent et chancellent

Sous son bruit étourdissant.

Quand les enfants criards voient la lumière ,

Tu fais babiller bel et bien les commères

Sur le peu de cas que les sots maladroits font de leiirs chéries :

Maudit soit le nom '.

Aucune sage-femme n"a une soirée agréable,

!s'i un sou d'eux.

Quand des voisins sont en procès ,

Et aussi furieux cju'il est possible de l'être.

Ojmbien aisément le jus de l'orge peut

Concilier la ([uerelle 1 De tous les honoraires d'avocat le moins cher,

C'est de recourir au baril.

Hélas 1 faut-il que ma muse ait sujet

D'accuser ses compatriotes de tiahison!

Mais beaucoup humectent journellemeiil leur trachée-artère

Avec d'agréables liqueurs , El c'est à peine si , ime f»)is dans tout l'hiver,

Ils lui en demandent le prix.

Fi de l'i-au-de-vie . cette ilrogue l)n'il;uite '.

Si)Urce cniclle de m;iinle douN^u" et m;ilailie subite 1

1 Le forETcron X.d.tmcl..

Elle enlève à maint pauvre ivrogne , hL-bété et stupide ,

La moitié de ses jours; Et envoie, de plus, l'argent de la vieille Ecosse

A ses plus grands ennemis.

Vous , Ecossais , qui voulez du bien à la vieille Ecosse !

C'est à vous surtout que je parle ,

Pauvres diables sans un liard ainsi que moi !

Il vous est nuisible D'avoir affaire aux vins amers et coûteux .

Ou à la liqueur étrangère.

Puisse la gravelle déchirer sa vessie , Et la goutte le torturer pouce à pouce , Celui qui tord sa face d'un air

D'aigre dédain A l'oifre d'un verre de punch de whisky

Avec d'honnêtes gens.

G whisky 1 àme des jeux et des badinages 1 Accepte les humbles remercîments dim barde ! Quand tu me manques . combien criards et discords

Sont mes pauvres vers 1 Tu viens , ils résonnent à leur rang ,

Au c-1 l'un de l'autre'.

0 toi , Ferintosh 1 si cruellement perdu ! Ecosse , gémis de côte en côte 1 Maintenant la colique et la coqueluche

Peuvent nous tuer tous ; Car le bateau frété du loyal Forbes

Est pris I

Ces maudites sangsues de l'accise , Qui font leur butin des alambics à whisky 1 Lève ta main , diable 1 une fois , deux fois , trois fois 1

Allons , saisis-moi ces drôles !

Enfourne-les dans des pâtés de soufre,

Poui" les pauvres bu^ eurs damnés !

Fortune! si seulement tu veux m'assurer

Des culottes en bon état, un pain, et un quart de pinte de whisky

Et force rimes pour extra vaguer à volonté ,

Prends tout le reste , Et fais tes affaires comme ton aveugle habileté

Te diriiïera le mieux.

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