RÉCITÉ SUR LE THÉÂTRE DE DUMFRIES
LE JOUR DE l'an.
Je n'apporte ni chant ni danse de cette grande cité Qui veut régenter notre goût — c'est bien dommage : Quoique, soit dit en passant, pourquoi courir au dehors? Le bon sens et le goût sont ici dans leur pays natal : Mais je ne viens pas faire un panégyrique, Je viens vous souhaiter à tous une bonne année'. Le vieux Temps me députe ici devant vous , îson pour prêcher, mais pour conter sa simple histoire : Le sage et grave vieillard toussa et me chargea de vous dire Que vous êtes plus âgés d'une année en ce jour important. Si vous êtes plus sages aussi — il m'insinua de m'en informer; Mais il serait malhonnête, vous sentez, d'en faire la question. Et avec un coup d'oeil qui voulait être malin, [« Pensez! »]
Il me recommanda d'insister auprès de vous sur ce seul mot — Vous, jeunes gens pleins de feu, tout enflés d'espoir et d'ardeur, Qui croyez emporter le monde d'assaut par la force de votre mérite, Le radoteur a beaucoup à vous dire Dans sa manière fine, sèche, sententieuse, proverbiale! 11 vous invite à songer au milieu de votre babil étourdi, Que le premier coup est toujours la moitié de la bataille ; Que, quoique plusieurs cherchent à l'attraper par le pan de son C'est par le toupet qu'il faut l'empoigner; [habit,]
Que, soit que vous agissiez, souffriez, ou vous absteniez , Vous pouvez faire des miracles en persévérant.
Vous les dernières , mais non pas dans son affection , fidèles Formes angéliques, objet des soins particuliers du ciel, [beautés,] Pour vous la vieille tête chauve adoucit son front ridé, Et vous prie humblement de vous rappeler l'important maintenant! Elle vous demande la permission de combler votre félicité , Et vous offre du bonheur à donner et à recevoir.
Pour nos efforts sincères , quoique faibles peut-être, Avec une orgueilleuse gratitude nous reconnaissons toute votre Et, quelque mal que puissent l'exprimer nos langues, [indulgence;] Croyez (jue nos cœurs brûlants la sentent véritablement.