‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 213 sur 267 · LE 4 DÉCEMBRE 179Ô , SUR LE THÉÂTRE DE DU.MFRIES · texte numérisé non relu

LE 4 DÉCEMBRE 179Ô , SUR LE THÉÂTRE DE DU.MFRIES

Toujours fort désireuse d'obtenir votre faveur partiale ,

Et non moins désireuse , à coup sûr, ce soir que jamais ,

Un Prologue, un Epilogue, ou quelque autre chose.

Compléterait mon affîche , me dis-je , faute de mieux ;

J'allai donc trouver un Poète perché près des cieux,

Lui contai que je vena's rassasier mes regards curieux ,

Lui dis qu'on n'avait jamais rien imprimé de pareil à ses ouvrages,

Et enfin lui insinuai adroitement ma demande de Prologue.

« Madame, permettez-moi de vous le dire, repartit l'homme aux Je connais votre tendance — on ne rit pas de notre temps ; [rimes,] Pouvez-vous — mais, miss, j'avoue que j'ai mes craintes, — Pouvez-vous faire des pauses — éclater en larmes sentimentales; Avec de gros soupirs et des phrases solennellement arrondies. Réveiller de son sommeil indolent le cruel Repentir ; Peindre la Vengeance, lorsqu'elle prend son horrij^le poste, Brandissant en l'air le glaive de la Désolation, Evoquant les tempêtes qui doivent la porter sur une terre coupable ?»

Je n'en pouvais plus — regardant n^on homme de côté , « Pensez-vous, lui dis-je , que cette figure est faite pour pleurer ? Je rirai , ceci est positif — et, qui plus est, le monde le saura ; Et là-dessus, votre servante 1 sombre maître Poète 1 »

Page 1