AU COLONEL DE PEYSTER , DUMFRIES
Mon honoré colonel, je suis profondément touché De l'intérêt (pie vous prenez à la santé du poète : Ahl maintenant j'ai peu de cœur à gravir
Le Parnasse escarpé, Entouré comme je le suis de bols, de pilules,
Et de verres de potions.
Oh ! quel joyeux monde ce serait ,
Si la peine, le souci et la maladie l'épargnaient;
Et que la fortune favorisât la vertu et le mérite
En toute justice (Et toujours en abondance roast-becf et claret ;
Alors, qui mourrait de faim?^\
Dame Vie, quoique la fiction puisse l'attifer Et lorner de pierres fausses et de friperies, Ohl combien mconstante, faible et instable
Je l'ai toujours trouvée !
Toujours flottant, comme les branches du saule,
Entre le bien et le mal.
Puis, cette maudite carmagnole de vieux Satan Est à l'affût, comme un chat près d'un rat, Pour agripper notre âme pécheresse
Avec une rage perfide; Et, courez sus! vous ne lui mettrez jamais de sel sur la queue —
Il part comme le feu.
Ah Nickl ah Xickl cela n'est pas loyal,
De nous montre d'abord toutes sortes de tentations,
Des vins si brillants et de si jolies filles
Pour nous étourdir; Puis de filer, sans être vu , le piège d'araignée
De la maudite trame de l'enfer.
L'homme, pauvre mouche, bourdonne souvent autour; Et chaque fois que le hasard l'amène près de toi. Ton damné vieux coude te démange de joie
Et de plaisir infetral; Déjà aux yeux de ton imagination,
C'est une proie assurée 1
Bientôt, c-1 par-dessus tête, il y entre,
Et le voilà comme une tèle de mouton au croc;
Ton rire ginmaçant jouit de ses tortures
Et de la lutte meurtrière.
Lorsque, ballotté au vent, il pend
Comme un gland de gibet.
Mais , de peur que vous ne me trouviez incivil De vous assommer de ce verbiage traînant; Abjurant toute mauvaise intention,
Je quitte la plume :
Que le Seigneur nous préserve du diable 1
Amen ! amen 1