‹ Poésies complètes, Volume 2Chapitre 2 sur 34 · CO'KL · texte numérisé non relu

CO'KL

Digilizedby G00gle

Pétrarque, ce grand maître dans la science du cœur et dans le mystère de l'Amour, a dit au commencement de son Traité sur la Vie solitaire : « Je crois qu'une belle âme n'a de repos ici-bas à espérer qu'en Dieu, qui est notre fin dernière; qu'en elle-même et en son travail intérieur; et qu'en une âme amie, qui soit sa sœur par ressem blance. » C'est aussi la pensée et le résumé du petit livre que voici.

Lorsque, par un effet des circonstances dures où elle est placée, ou par le développement d'un germe fatal déposé en elle, une âme jeune, ardente, tournée à la rêverie et à la tendresse, subit une de ces profondes maladies morales .qui décident de sa destinée : si elle y survit et en triomphe ; si, la crise passée, la liberté humaine rejJrend le dessus et recueille ses forces éparses, alors le premier sentiment est celui d'un bien-être intime, délicieux, vivifiant, comme après une angoisse ou une défaillance. On rouvre les yeux au jour; on essuie de son front sa sueur froide ; on s'abandonne tout entier au bonheur de renaître et de respirer. Puis la réflexion commence : on se complaît à penser qu'on a plongé plus avant que bien d'autres dans le Puits de l'abîme et dans la Cité des douleurs; on a la mesure du sort ; on sait à fond ce qui en est de la vie, et ce que peut saigner de sang un cœur mortel. Qu'aurait-on désormais à craindre d'inconnu et de pire? Tous les maux humains ne

se traduisent-ils pas en douleurs"? Toutes les douleurs poussées un peu loin ne sont-elles pas les mêmes? On a été englouti, un moment par l'Océan ; on a rebondi contre le roc comme la. sonde, on Ken on a rapporté du gravier dans ses cheveux; et sauvé du naufrage, ne quittant plus de tout l'hiver le coin de sa cheminée , on s'enfonce des heures entières en d'inexprimables souvenirs. Mais ce calme, qui est dû surtout à Fabsence des maux et à la comparaison du présent avec le passé, s'affaiblit en se prolongeant, et devient insuffisant a l'âme; il faut, pour achever sa guérison, qu'elle cherche en elle-même et autour d'elle d'autres ressources plus durables. L'étude d'abord semble lui offrir une distraction pleine de charme et puissante avec douceur; mais la curiosité de l'esprit, qui est le mobile de l'étude, suppose déjà le sommeil du cœur plutôt qu'elle ne le procure; et c'est *vc\ le cœur qu'il s'agit avant tout d'apaiser et d'assoupir. Et puis ces sciences, ces langues, ces histoires qu'on étudierait, contiennent au gré des âmes délicates et tendres trop peu de suc essentid amstropd'écorces et d'enveloppes; une nourriture «■***« *4*sc convient mieux aux estomacs ***•*-*£* est cette nourriture par excd- ***> «hT i fermes de poésie, la forme WeriÎ QteS ^ « et dftous les genres

^Ï W T "^rêveur, personnel,

s'y adonne avec prédilection ; on s'en pénètre ; c'est un enchantement; et, comme on se sent encore trop voisin du passé pour le perdre de vue, on essaye d'y jeter ce voile ondoyant de poésie qui fait l'effet de la vapeur bleuâtre aux contours de l'horizon. Aussi la plupart des chants, que les âmes malades nous ont transmis sur elles-mêmes datent-ils déjà de l'époque de convalescence ; nous croyons le poète au plus mal, tandis que souvent il touche à sa guérison; c'est comme le bruit que fait dans la plaine l'arme du chasseur, et qui ne nous arrive qu'un peu de temps après que le coup a porté. Cependant, convenons-en, l'usage exclusif et prolongé d'une certaine espèce de poésie n'est pas sans quelque péril pour l'âme; à force de refoulement intérieur et de nourriture subtile, la blessure à moitié fermée pourrait se rouvrir : il fout par instants à l'homme le mouvement et l'air du dehors; il lui faut autour de lui des objets où se poser; et quel convalescent surtout n'a besoin d'un bras d'ami qui le soutienne dans sa promenade et le conduise sur la terrasse au soleil?

L'amitié, ô mon Ami, quand elle est ce qu'elle doit être, l'union des âmes, a cela de salutaire qu'au milieu de nos plus grandes et de nos plus désespérées douleurs, elle nous rattache insensiblement et par un lien invisible à la vie humaine, à la société , et nous empêche , en notre misérable frénésie, de nier, les yeux fermés, tout ce qui nous

entoure. Or, comme l'a dit excellemment M. Balknche, t toutes les pensées d'existence et d'avenir se tiennent ; pour croire à la vie qui doit suivre celle-ci, il faut commencer par croire à cette vie elle-même, à cette vie passagère. » Le devoir de l'ami clairvoyant envers l'ami infirme consiste donc à lui ménager cette initiation délicate qui le ramène d'une espérance à l'autre ; à lui rendre d'abord le goût de la vie ; à lui faire supporter Vidée de lendemain; puis, par degrés, à substituer pieusement dans son esprit , à cette idée vacillante , le désir et la certitude du lendemain éternel. Mais indiquer ce but supérieur et divin de l'amitié, c'est assez reconnaître que sa loi suprême est d'y tendre sans cesse, et qu'au lieu de se méprendre à ses propres douceurs, au lieu de s'endormir en de vaines et molles complaisances, elle doit cheminer, jour et nuit, comme un guide céleste, entre les deux compagnons qui vont aux mêmes Heux. Toute autre amitié que celle-là serait trom- P<*se, légère, bonne pour un temps, et bientôt épuisa; elle méritent qu'on lui appH*^ ** ï*[ ^ «Wœà^riowr de YIn*U**~* « *£ !^ ■**«*■» et propos , -^V

reste* *' Ws q"** 1 ^B**** ' ™ a *** ^ après ***** .*£? ****«. de

•• ^ P -^ illi*^ 10 ^ * c ôtè, ie puis

et le* * && c &

>AfaP^ are

répéter devant vous, ô mon Ami, que l'amitié des hommes n'est pas sûre, et vous avertir de n'y pas trop compter. Il est doux sans doute, il est doux, dans le calme des sens, dans les jouissances de l'étude et de l'art, « de causer entre amis, de s'approuver avec grâce, de se complaire en cent façons ; de lire ensemble d'agréables livres; de discuter parfois sans aigreur ainsi qu'un homme qui délibère avec lui-même, et par ces contestations rares et légères de relever un peu l'habituelle unanimité de 'tous les jours. Ces témoignages d'affection qui, sortis du cœur de ceux qui s'entr'aiment, se produisent au dehors par la bouche, par la physionomie, par les yeux et par mille autres démonstrations de tendresse, sont comme autant d'étincelles de ce feu d'amitié qui embrase les âmes et les fond toutes en une seule *. » Mais si vous tenez à ce que ce feu soit durable, si vous ne pouvez vous faire à l'idée d'être oublié un jour de ces amis si bons, ô Vous, qui que vous soyez , ne mourez pas avant eux ; car cette sorte d'amitié est tellement aimable et douce qu'elle-même bientôt se console ellemême, et que ce qui reste comble aisément le vide de ce qui n'est plus; la pensée des amis morts, quand par hasard elle s'élève, ne fait que mieux sentir aux amis vivants la consolation d'être

• Saint Augustin, Confessions, liv. iv, ch. vin.

* vicron H. Ij

ensemble, et ajoute un motif de plus à leur bon-

heur.

Si vous êtes humtle, obscur, mais tendre et

dévoue, et que vous ayez un ami sublime, ainbitoew, puissant, qui aime et obtienne la gloire et 1 empire, aimez-le, mais n'en aimez pas trop nn autre, car cette sorte d'amitié est absolue, jalouse, impatiente de partage; aimez-le, mais Quunmot équivoque, lâché par vous an hasard, ne lui soit pas reporté envenimé par la calom- ^e; car ni tendresse à l'épreuve , ni dévouement à m °urir mille fois pour lui , ne rachèteront ce mot insignifiant qui aura glissé dans. son cœur.

Sl votre ami est beau, bien fait, amoureux des avantages de sa personne, ne négligez pas trop la votre; gardez-vous qu'une maladie ne vous dè- "gare, qu'une affliction prolongée ne vous décèdes soins du corps ; car cette sorte d'amitié > qui vit de parfums, est dédaigneuse, volage, « * dégoûte aisément.

Si vous avez un ami riche, heureux, entouré des biens les plus désirables de la terre, ne deve- ** ni trop pa Uvr e, ni trop délaissé du monde, D ' malade sur un lit de douleurs -, car cet ami, tout bon qu'il sera, vous ira visiter une fois ou **, et la troisième il remarquera oue ^ /*»*"»* « H, que votre escalier est ^^^£££ a *«* grabat est infect, <iue votre nu

changé; et il pensera, en s'en revenant, qu'il y a au fond de cette misère un peu de votre faute, et que vous auriez bien pu l'éviter; et vous ne serez plus désormais pour lui, au sein de son bonheur, qu'un objet de compassion, de secours, et peutêtre un sujet de morale.

Si, malheureux vous-même, vous avez un ami plus malheureux que vous, consolez-le, mais n'attendez pas de lui consolation à votre tour; car, lorsque vous lui raconterez votre chagrin, il aura beau animer ses regards et entr'ouvrir ses lèvres comme s'il écoutait, en vous répondant il ne répondra qu'à sa pensée, et sera intérieurement tout plein de lui-même.

Si vous aimez un ami plus jeune que vous, que vous le cultiviez comme un enfant, et que vous lui aplanissiez le chemin de la vie, il grandira bientôt; il se lassera d'être à vous et par vous; et vous le perdrez. Si vous aimez un ami plus vieux, qui, déjà arrivé bien haut, vous prenne par la main et vous élève, vous grandirez rapidement, et sa faveur alors vous pèsera, ou vous lui porterez ombrage.

Que sont devenus ces amis du même âge, ces frères en poésie, qui croissaient ensemble, unis, encore obscurs, et semblaient tous destinés à la gloire? due sont devenus ces jeunes arbres réunis autrefois dans le même enclos? Ils ont poussé, chacun selon sa nature; leurs feuillages, d'abord

^ntremeiés agréablement, ont commencé de se

^ « de s'étouffer; leurs têtes se sont cntrc-

^ uees bas l'orage; quelques-uns sont morts

^ «W; il a fcH u les séparer, et les voili

^tenant, bien loin les uns des antres, verts

^ m ' ch âta%niers superbes, au front des co-

nx > in creux des vallons, ou saules éplorés au

^^es fleuves.

Plupart des amitiés humaines, même des ô eures > sont donc vaines et mensongères, inih? 11 Ami ' t Ct C,est à «l uel <l ue ctLOSe de P lus ^ *' ^ PIUS Vrai » de P lus mvariable ' qu'aspire *- ^svt fo m t011tes les £o rces ont été une fois

^<X<\vàa senti le fond de la vie. L'amitié ^kkplore, et en qui elle veut établir sa demeure, ne saurait être trop pure et trop pieuse, trop empreinte d'immortalité, trop mêlée à l'invisible et â ce qui ne change pas; vestibule transparent, incorruptible, au seuil du Sanctuaire éternel; degré vivant, qui marche et monte avec nous, et nous élève au pied du saint Trône. Ta et, mon Ami, le refuge heureux que j'ai trouvé en votre âme. Par vous, je suis revenu à la vie ^ dehors, au mouvement de ce monde, et ^de la, ans secousse, aux vérités les pl«* sublimes.

Vous m'avez consolé d'abord, et *"^J£"* -'-porté à la source de ~~« *£ £^.

«IWs-même *PP~* * a ÏanTwds ^auues eaux tarissent, et ce ~*est quaux ««

l6 A VICTOR H.

de cette Siloé céleste qu'on peut s'asseoir pour toujours et s'abreuver :

Void la vérité qu'au monde je révèle ; Du Ciel dans mon néant je me suis souvenu :

Louez Dieu ! La brebis vient quand l'agneau l'appelle ; J'appelais le Seigneur, le Seigneur est venu.

Vous avez dans le port poussé ma voile errante ; Ma tige a reverdi de sève et de verdeur; Seigneur, je vous bénis 1 a ma lampe mourante Votre souffle vivant a rendu sa splendeur.

Dieu donc, et toutes ses conséquences; Dieu, l'immortalité, la rémunération et la peine; dès ici-bas le devoir et l'interprétation du visible par l'invisible : ce sont les consolations les plus réelles après le malheur; et l'âme, qui une fois y a pris goût, peut bien souffrir encore, mais non plus retomber. Chaque jour de plus, passé en cette vie périssable, la voit s'enfoncer davantage dans l'ordre magnifique d'idées qui s'ouvre devant elle à l'infini; et si elle a beaucoup aimé et beaucoup pleuré, si elle est tendre, l'intelligence des choses d'au delà ne la remplit qu'imparfaitement; elle en revient à l'Amour : c'est l'Amour surtout qui l'élève et l'initie, comme Dante, et dont les rayons pénétrants l'attirent de sphère en sphère comme le soleil aspire la rosée. De là mille larmes encore, mais délicieuses et sans aucune amertume; de là mille joies secrètes, mille blan-

c *>es lueurs déconverte *« - "

F lcre > « qu'en ^ , *^» e^« a ^^^

w «fables s«,i-^^^ raad re; pea b~JT^

PS«e suffi,. tt ™*""* I* «Sgi» pfe^T *•"*. Cesdej. J? ^ *»?«*»* partiel™.

l8 A VICTOR H.

bitent les régions moyennes ; ils n'ont pas pénétré fort avant dans les voies douloureuses et impures du cœur ; ils ne se sont pas rafraîchis, après les flammes de l'expiation, dans la sérénité d'un éther inaltérable ; ils n'ont pas senti la vie au vif.

J'honore ces esprits, je les estime heureux, mais je ne les envie pas. Je les crois «dans la vérité, mais dans une vérité un peu froide et nue. On ne gagne pas toujours à s'élever, quand on ne s'élève pas assez haut. Les physiciens, qui sont parvenus aux plus grandes hauteurs de l'atmosphère, rapportent qu'ils ont vu le soleil sans rayons, dépouillé, rouge et fauve, et partout des ténèbres autour d'eux. Plutôt que de vivre sous un tel soleil, mieux vaut encore demeurer sur terre, croire aux ondoyantes lueurs du soir et du matin, et prêter sa docile prunelle à toutes les illusions du jour, dût-on baisser la paupière en face de l'astre éblouissant; — à moins que l'âme, un soir, ne trouve quelque part des ailes d'Ange, et qu'elle ne s'échappe dans les plaines lumineuses, par delà notre atmosphère, à une hauteur où les savants ne vont pas.

Oui , eût-on la géométrie de Pascal et le génie de René, si la mystérieuse semence de la rêverie a été jetée en nous et a germé sous nos larmes dès l'enfance; si nous nous sentons de bonne heure malades de la maladie de saint Augustin et

de Féaclon; si, comme le disciple dont parle Klopstock, ce Lebbée dont la plainte est si douce, nous avons besoin qu'un gardien céleste abrite notre sommeil avec de tendres branches d'olivier ; si enfin, comme le triste Abbadona, nous portons en nous le poids de quelque chose d'irréparable, il n'y a qu'une voie ouverte pour échapper à l'ennui dévorant, aux lâches défaillances ou au mysticisme insensé ; et cette voie, Dieu merci , n'est pas nouvelle ! Heureux qui n'en est jamais sorti ! fins heureux qui peut y rentrer ! Là seulement on trouve sécurité et plénitude : des remèdes appropriés à toutes les misères de l'âme ; des formes divines et permanentes imposées au repentir, à la prière et au pardon ; de doux et fréquents rappels a la vigilance ; des trésors toujours abondants de charité et de grâce. Nous parlons souvent de tout cela, ô mon Ami, dans nos longues conversations d'hiver, et nous ne différons quelquefois un peu que parce que vous êtes plus fort: et que }e suis Éuble. Bien jeune, vous avez marché droit, j"* 1 "* dans la nuit; le malheur ne vous a pas ^etè de côté; et, comme Isaac attendant la fille de Batnuel, vous vous promeniez solitaire dans le Aeimnqni mené au puits appelé le I>uits de Celux qvx w lui voit, VivenUs et Videtvtis. ^°* r V°aul ^* ^t s'esx pas laissé aller tout: d'abord ^

^xxses moUesses; et vos «^"^J^.yiaa «wcY^wi caractère reUgicu%, * usWI * v

et presque accablant pour notre infirme humanité d'aujourd'hui; quand vous avez eu assez pleuré, vous vous êtes retiré à Pathmos avec votre aigle, et vous avez vu clair dans les plus effrayants symboles. Rien désormais qui vous fasse pâlir; vous pouvez sonder toutes les profondeurs, ouïr toutes les voix; vous vous êtes familiarisé avec l'Infini. Pour moi, qui suis encore nouveau venu à la lumière, et qui n'ai, pour me sauver, qu'un peu d'amour, je n'ose m'aventurer si loin à travers l'immense nature, et je ne m'inquiète que d'atteindre aux plus humbles, aux plus prochaines consolations qui nous sont enseignées. Ce petit livre est l'image fidèle de mon âme : les doutes et les bonnes intentions y luttent encore; l'étoile qui scintille dans le crépuscule semble par instants près de s'éteindre; la voile blanche que j'aperçois à l'horizon m'est souvent dérobée par un flot de mer orageuse ; pourtant la voile blanche et l'étoile tremblante finissent toujours par reparaître. — Tel qu'il est, ce livre, je vous l'offre; et j'ai pensé qu'il serait d'un bon exemple.

De son cachet littéraire, s'il peut être ici question de cela, je ne dirai qu'un mot. Dans un volume publié par moi il y a près d'un an, et qui a donné lieu à beaucoup de jugements divers, quelques personnes, dont le suffrage m'est précieux, avaient paru remarquer et estimer, comme une nouveauté en notre poésie, le choix de certains

sujets empruntés à la vie privée et rendus avec relief et franchise. Si, à rouverture du volume nouveau, ces personnes pouvaient croire que j'ai voulu quitter ma première route, je leur ferai observer par avance que tel n'a pas été mon dessein ; qu'ici encore c'est presque toujours de la vie privée, c'est-à-dire, d'un incident domestique, d'une conversation, d'une promenade, d'une lecture, que je pars, et que, si je ne me tiens pas à ces détails comme par le passé, si même je ne me borne pas à en dégager les sentiments moyens de cœur et d'amour humain qu'ils recèlent, et si je passe outre, aspirant d'ordinaire à plus de sublimité dans les conclusions, je ne fais que mener à fin mon procédé sans en changer le moins du monde; que je ne cesse pas d'agir sur le fond de la réalité la plus vulgaire, et qu'en supposant le but atteint (ce qu'on jugera), j'aurai seulement élevé cette réalité à une plus haute puissance de poésie. Ce livre alors serait, par rapport au précédent, ce qu'est dans une spirale le cercle supérieur au cercle qui est au-dessous : il y aurait eu chez moi progrès poétique dans la même mesure qu'il y a eu progrès moral.

Décembre 1829.

Page 1