‹ Poésies de André ChénierChapitre 12 sur 418 · V. 5. André écrivait toujours ambrosie^ comme La Fontaine · texte numérisé non relu

V. 5. André écrivait toujours ambrosie^ comme La Fontaine

xcvi LE JEU DE PAUME.

La patrie, à son art indiquant nos beaux jours,

A confirmé mes antiques discours, Quand je lui répétais que la liberté mâle

Des arts est le génie heureux ; Que nul talent, n'est fils de la faveur royale ; ï3

Qu'un pays libre est leur terre natale.

Là, sous un soleil généreux, Ces arts, fleurs de la vie et délices du monde,

Forts, à leur croissance livrés.

Atteignent leur grandeur féconde : ts

La palette offre Tâme aux regards enivrés ; Les autres de Paros de dieux peuplent la terre ; L'airain coule et respire ; en portiques sacrés

S'élancent le marbre et la pierre.

Toi-mcme, belle vierge à la touchante voix,' 20

Nymphe ailée, aimable sirène, Ta langue s'amollit dans le palais des rois ; Ta hauteur se rabaisse, et d'enfantines lois

Oppriment ta marche incertaine ; Ton feu n'est que lueur, ta beauté n'est que fard. 25

La liberté du génie et de l'art

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