‹ Poésies de André ChénierChapitre 15 sur 418 · V. 44. Éd · texte numérisé non relu

V. 44. Éd

Tu guidais mon David à te suivre empressé.

a Mon David, » expression de tendresse ou d'amitié dans le goût antique- Virgile, En., II, 522 :

Non, si ipse meus nunc aflbret Hector.

Les auteurs du seizième et du dix-septième siècle peuvent nous en fournir quelques exemples. On connaît le tendre mouvement de Malherbe, âanB les Stances à DuPérier: «Non, non, mon Du Périer... b Corneille a ce pathétique vers :

ilon Polyeucle touche à non heure dnrnière.

xcviii LE JEU DE PAUME.

Quand, avec toi, dans le sein du passé, i5

Fuyant parmi les morts sa patrie asservie,

Sous sa main, rivale des dieux, La toile s'enflammait d'une éloquente vie ; Et la ciguë, instrument de l'envie.

Portant Socrate dans les cieux ; ao

Et le premier consul, plus citoyen que père.

Rentré seul par son jugement.

Aux pieds de sa Rome si chère Savourant de son cœur le glorieux tourment ; L'obole mendié seul appui d'un grand homme ; . 5b

Et l'Albain terrassé dans le mâle serment

Des trois frères sauveurs de Rome.

Un plus noble serment d'un si digne pinceau

Appelle ayjourd'hui l'industrie.

Marathon, tes Persans et leur sanglant tombeau 60

Vivaient par ce bel art. Un sublime tableau

Naît aussi pour notre patrie.

Racine aussi s'est souvenu de cette expression vii^ilieniie dans ce vers d'Afidromaque :

Sacrc^s murs, que n'a |Hi coiis«rvar «M* Usetor.

V. 47. <r Rivale des dieux, i> C'est l'épithète homérique ÂMOfai; celle qu'Homère donne à A)ax« Uimét^ IX« 683.

y. 40 et suiv. André désigne plusieurs tableaux célèbres de David : la UoH de Socrate, le Heiawr de BnUus dans ses fùffers, Bélisah^, le Sermeni des Horaces,

V. 54. N'est-ce pas une rémmiscente du ytn de VÉméide, VI| S32 .

Viucet amer patrûe, laQduuqtte tmmensa cupldo.

V» 60. André nf^ielle ici les peintures qui, à Athènes, omaieDt le portique appelé le Pœcile (iceixf>ii) ou Panxnus, frère de Phidias, avait représenté le combat de Marathon. Yoy. Pausanias, I, iv et T, xi ; Pline, Bisi, nai,, XXXV, vin.

A LOUIS DAVID. zcix

Elle expirait : son saog était tari ; ses flancs

Ne portaient plus son poids. Depuis mille ans A soi-même inconaue« à son heure suprême, 05

Ses guides tremblants, incertains, Fuyaient. Il fallut donc, dans le péril extrême, De son salut la charger elle-même.

Longtemps, en trois races d'humains, Chez nous Thomme a maudit ou yanté sa naissance : 70

Les ministres de Tericensoir,

V. 63. Telle était la situation de la Franee en 1788, i&n la fin du ministère de Brienne.

y. 64. Depuis mille ans environ, les assemblées où les Francs réglaient eux-mêmes leurs affaires [champ de mars ou champ de mai] avaient cessé de se réunir; dès lors la nation avait été guidée (v. 66) Les étitS généraux, que le pouvoir convoquât irrégulièrement, n'avi^ient guères d'avtre mission que celle de consentir à des impôts pour remplir les caisses du fisc.

y. 65. Les grammairions modernes mettent uaa grande différence entre l'emploi de soi et l'emploi de lui* Mais les écrivains s'affranchissent souvent de ces règles, et mettent soi pour lui et réciproquement. Chénier presque toujours emploie sot. Les écrivainidu dix-septième siècle, ainsi que le remarque M. Génin, Itcx. de Molière 1 p. 377, faisaient de même, partout où le latin aurait mis se, sibi. Racine, phèàrç. II, v, nous

peint Thésée :

Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi.

Molière, Tart., I, i :

Je vous dis que mon flli n'a rien fait de plai sage Qu'en recueillant chez soi ca dévot personnage»

Molière', FesL de pi^rre^ lll, 1, a dit au contraire ; a Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbres-là, ces rochers, cette terre et ce ciel que voilà là-naut,' et si tout eela 8*est bâti de lui'4ném6f a Gorneille, Pol., III, III, avait dit aussi :

Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui.

V. 66. Gela se rapporte aux ministres Galonné et Brienne, qui se succédèrent et donnèrent tous deux leur démission ; Galonné le 5 avril 1787 et Brienne le 25 août 1788.

; y. 67. Éd. 1989 î

. . . . n fallut donoi dans ee péril extrême.

y. 71 . Ge sont les périphrases qui en plus d'un endroit déparent cette ode.

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