‹ Poésies de André ChénierChapitre 16 sur 418 · G LE JEU DE PAUME · texte numérisé non relu

G LE JEU DE PAUME

Et les grands, et le peuple immense.

Tous à leurs envoyés confieront leur pouvoir. Versailles les attend. On s'empresse d*élire ; On nomme. Trois palais s'ouvrent pour recevoir

Les représentants de l'empire.

D'abord pontifes, grands, de cent titres ornés,

Fiei*s d'un règne antique et farouche, De siècles ignorants à leurs pieds prosternés. De richesses, d'aïeux vertueux et prônés. 80

Douce Egalité, sur leur bouche, A ton seul nom pétille un rire acre et jaloux, Us n'ont point vu sans effroi, sans courroux, Ces élus plébéiens, forts des maux de nos pères,

Forts de tous nos droits éclaircis, 85

De la dignité d'homme, et des vastes lumières Qui du mensonge ont percé les barrières.

Le sénat du peuple est assis.

Il invite en son sein, où respire la France,

Les deux fiers sénats ; mais leurs cœurs 90

N'ont que des refus. Il conunence :

Il doit tout voir; créer l'État, les lois, les mœurs. Puissant par notre aveu, sa main sage et profonde '

Veut sonder notre plaie, et de tant de douleurs

Dévoiler la source féconde. 95

On tremble. On croit, n'osant encor lever le bras. Les disperser par l'épouvante.

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