‹ Poésies de André ChénierChapitre 161 sur 418 · V. 11-20. Imité de Bion, Idyll, IV · texte numérisé non relu

V. 11-20. Imité de Bion, Idyll, IV

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lee ÉLÉGIES.

Leur troupe qui s'enfuit ne veut pas l'inspirer.

Qu'un amant les invoque, et sa voix les attire; 15

C'est ainsi que toujours elles montent ma lyre.

Si je chante les dieux ou les héros, soudain

Ma langue balbutie et se travaille en vain;

Si je chante l'Amour, ma chanson d'elle-même

S'écoule de ma bouche et vole à ce que j'aime. 90

Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours

Sur le sein d'une lelle en arrêter le cours!

Qu'au milieu des langueurs, au milieu des délices.

Achevant de Vénus les plus doux sacrifices,

Mon ûme, sans efforts, sans douleurs, sa[is combats, 5

Y. 17. Yoy. aussi la première ode d'Anacréon. Y. 20. L'imitation que HoDsard a faite de l'idylle de Bien se termine ainsi :

Mais quand je veux d'amour ou escrire ou parler,

Ma langue se dénoue, el lors je sens couler

Ma chanson d'elle-même aisément en la bouche.

Avec les mêmes expressions, André atteint à une pureté de style inconnue à Ronsard. .

YII. — Imité d'Ovide, yim., II, x, 2» :

Félix, quem Yeneris cerlamina mutua rumpuntf

Di faciant, leti causa sit ista mei I... Ai mihi coniingat Yeneris languescere motu,

Quum moriar, médium solvar et inter opus : Aique aliquis nostro lacrimans in funere dicat :

Gonveniens vit» mors fuit ista suœ.

Ronsard, Âm., I, xlvi : .

Je veux mourir es amoureux comkats, Laissant l'amour qu'au cœur je porte endose, Toute une nuit au milieu de tes bras.

Ronsard, ^«1., I, uxix, imite plus directement Ovide ; mais, dans la pensée et dans Teiqiression, il reste beaucoup trop au-dessous de son modèle.

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