‹ Poésies de André ChénierChapitre 162 sur 418 · A DE I^ANGE · texte numérisé non relu

A DE I^ANGE

De Pange, le mortel dont l'âme est innocente,

Dont la vie est paisible et de crimes exempte,

N'a pas besoin du fer qui veille autour des rois,

Des flèches dont le Scythe a rempli son carquois.

Ni du plomb que l'airain vomit avec la flamme* 5

V. 7. « Luisante, » brillante par le poli, J^eax^* — -. 11 veut qu'un basrelief le représente expirant entre les bras de ses maitresses.

VIII. — Dans cette élégie, André enchaîne avec un art exquis une pensée d*Horace, une idylle de Bion et tous les fragments de Télégiaque Mimnerme. C'est bien, comme il le dit lui-même, le travail dé l'abeille qui, de sucs ravis à tant de fleurs, compose le miel le plus doux. — Ghénier a su parler de la vieillesse avec mesure et avec un grand choix de pensées; en la plaignant de ses maux, on sent qu'il la respecte. L'élégie de Maximien n'est que la plainte languissante d'un vieillard dont le cœur est resté ardent dans un corps usé et flétri. Juvénal, dans sa Satire X, 188 et sqq.» présente un tableau hideux de hi vieillesse. Il ne s'est pas aperçu que ce vieillard qu'il couvre de boue, ce fut son père, ce sera lui~méme, son (ils, l'humanité tout entière ; trop habitué à rechercher le pittoresque des effets et des pensées, Juvénal est descendu à un réalisme affligeant qui cesse d'être de l'art. — Le début de l'élégie est d'Horace, Od., I, xxii ;

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Y. 3 et 4. Éd. 1826 et 1839 :

N'a besoin ni du fer qui veille autour des rois, Ni des traits dont le Scythe a rempli son carquois.

Incapable de nuire, il ne voit dans son âme

Nulle raison de crainte, et, loin de s'alarmer,

Confiant, il se livre aux délices d'aimer.

0 de Pangel.ami sage, est bien fou qui s'ennuie.

Si les destins deux fois nous permettaient la vie, ^0

L'une pour les travaux et les soins vigilants,

L'autre pour les amours, les plaisirs nonchalants,

On irait d'ime vie âpre et laborieuse

Vers l'autre vie au moins pure et voluptueuse.

Hais si nous ne vivons, ne mourons qu'une fois, l'J

Eh! pourquoi, malheureux, sous de bizarres lois,

Tourmenter cette vie et la perdre sans cesse.

Haletants vers le gain, les homieurs, la richesse;

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