‹ Poésies de André ChénierChapitre 164 sur 418 · V. 21. Mimnerme, Anal., l, p · texte numérisé non relu

V. 21. Mimnerme, Anal., l, p

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Cf. Plutarque, de Virl, mor., VI. Horace, qui estimait Miiiinenue, el le mettait même au-dessus de Callimaque [ÉpU.^ II, 11, 100], s'esl aussi souvenu de cette pensée, Épit., I, vi, 65 :

Si Mimnermus uti censet, sine amore jocisque Nil e»t jucuadum, vivas in amore jocisque.

Gf, Properce, I, xiv, 10. — Ronsard, Am., II, viii, a dit, avec un sentiment très-juste de la belle langue poétique :

Eh! qu*est-il rien de doux sans Vénus? las! à l'heure Que je n'aimeray plus, puissé-je trespasser.

Ces vers de Ronsard sont d'une coupe charmante, c'est de l'André Ghénier; mais plus loin, Am., II, xxiii, il dira :

Sans toy, nymphe aime-riSj la vie est languissante, etc.

On pourrait retrouver cette pensée dans les petits poètes français eu allant jusqu'à Pamy, Poés, érot., III, un. Elle résume même assez bien le côté élégiaque de tout poète ; la Fontaine, Élég., II, n'a-t-il pas dit *

Si l'on ne suit l'amour, il n'est douceur aucune? V. 24. Mimneime :

'H/ieîs d' oTi T< f\)XX«, cpûct itoXxjAvBtfioi Stpin

roTs txcXoc, Tti^x^iov ïnl x/^ovov avdcvcv ^617$ rtpitôfisQoLt Ttpbi 6t&v sUôrsi ovrc xoxôv out' àya96v •

Cette belle comparaison est due à Homère, Iliade, VI, 146

Otii nsp ^ûXÀwv yevc^, rolriSs xal àvBp&v ^ûAAa Ta /liv t* ôivifioi x«/*«^*' X^««> «Ai^t H B* 0/>7 njAsdôwffa fOcc* ioLpoi d* iitiyiyvirai &pvi • Stç kvSp&v ysviii vipÀv f Ose, viS* ànoXviyti. Andi'é s'en souvient et embellit Mimnerme de toute la uiagniliceucn

Dont au faite des cieux le soleil remonté 35

Rafraîchit dans nos bois les chaleurs de Tété.

Mais rhiver, accourant d'un vol sombre et rapide,

Nous sèche, nous flétrit, et son souffle homicide

Secoue et fait voler, dispersés dans les vents,

Tous ces feuillages morts qui font place aux vivants. »

La Parque, sur nos pas, fait courir devant elle

Midi, le soir, la nuit, et la nuit éternelle.

Et par grâce, 5 nos yeux qu'attend le long sommeil.

Laisse voir au matin un regard du soleil.

Quand cette heure s'enfuit, de nos regrets suivie, 35

La mort est désirable et vaut mieux que la vie.

0 jeunesse rapide ! ô songe d'un moment !

d'Homère. Voici maintenant cette même pensée, moins l'ornement, dans VÉccléaiaste, I, i, 4 : « Generatio prœterit. et generatio advenit : terra autem in setemum stat. > — Et ce qu'a dit l'homme de Ghio, selon Texpression de Simonide, a résonné depuis sur toutes les lyres du monde. Cf. Euripide, /no, fragm» (Plutarque, Co««. aclApoU.); Aristophane, Ois., 685; Musée (apudClém. Alex., Strom., YI, p. 247, A), etc. La comparaison en elle-même est susceptible de nuances -et d'applications infinies ; voy. Virgile, En., VI, 309 ; Horace, Art poét., 60; Properco, II, xv, 51 ; J.-B. Rousseau, Od. sacrées, I, ix, etc. La poésie moderne Ta souvent reproduite, comparant l'exilé à la feuille qu'emporte le vent. V. 29. Éd. 1833:

Secoue et fait voler, dispersés par les vents.

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