‹ Poésies de André ChénierChapitre 194 sur 418 · LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES

Tout m'enrichit et tout urappelle ; et, chaque ciel ao

1\|'offrant quelque dépouille utile et précieuse, Je remplis lentement ma ruche industrieuse.

Tel j'étais autrefois et tel je suis encor : Quand ma main imprudente a tari mon trésor; Quand, la nuit, accourant au sortir de la table, Si Fanni m'a fermé le seuil inexorable,

Lucrèce, III, 11, butine dans les œuvres d'Ëpicure, a Floriferis ut apes in saltibus omnia limant, i» Platon, Ion, V, a développé cette comparaison, ce qui nous a valu les vers délicieux de la Fontaine, Épitre à madame de la Sablière :

Je m'avoue, il est vrai, s'il faut parler ainsi, Papillon du Parnasse, et semblable aux abeilles A qui le bon Platon compare nos merveilles : Je suis chose légère, et vole à tout sujet ; Je vais de fleur en fleur et d'objet en objet.

Cf. Plutarque, de Amore prolis, II ; Sénèque, Ép. à Jjucilim, LXXXIV; Montaigne, I, xxxv; la Fontaine, Fah,, X, i; Rousseau, Ode au comte du ÏAtc. — Boileau, Dise, au roi, nous a gâté un peu le cbarme de cette image, en comparant très-mal à propos le fiel de la satire au miel de l'abeille :

Comme on voit au printemps la diligente abeille Qui du butin des fleurs va composer son miel. Des sottises du temps je compose mon fiel.

Voy. encore l'emploi pathétique et très-remarquable qu*£uripide a fait de cette comparaison dans VHerc. fur., 487.

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