‹ Poésies de André ChénierChapitre 202 sur 418 · LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES

Voilà le cercle entier qui, le soir quelquefois,

A des vers non sans peine obtenus de ma voix, 80

Prête une oreille amie et cependant sévère.

Puissé-je ainsi toujours dans cette troupe chère

Me revoir, chaque fois que mes avides yeux

Auront porté longtemps mes pas de lieux en lieux,

Amant des nouveautés compagnes de voyage ; 85

Courant partout, partout cherchant à mon passage

Quelque ange aux yeux divins qui veuille me charmer.

Qui m'écoute ou qui m'aime, ou qui se laisse aimer !

XXU

L'art, des transports de l'âme est un faible interprète; L'art ne fait que des vers, le cœur seul est poète. \

V. 80. Horace, Sot., I, iv, 73, nous parle aussi de ce cercle d'amis sûrs :

Non recito cuiqnam, nisi amicis, idque coaclus.

Et Sat.f l, X, 80, il nous donne leurs noms. Thomson, Seas. : Winter, célèbre aussi ce cénacle de juges, amis et cependant séyères. — Ce sont les mœurs littéraires du dix-septième siècle. Boileau, Art poét., I, adit :

Faites-vous des amis prompts à vous œnsurer. Qu'ils soient de vos écrits les confidents sincères, Et de tous vos défauts les zélés adversaires.

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