‹ Poésies de André ChénierChapitre 207 sur 418 · LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES

A leurs yeux tout est pur comme leur âme est pure ;

Leur asile est plus beau que toute la nature.

La grotte, favorable à leurs embrassements, so

D'âge en âge est un temple honoré des amants.

0 rives du Pénée! antres, vallons, prairies,

Lieux qu*Amour a peuplés d'antiques rêveries ;

Vous, bosquets d'Anio ; vous, ombrages fleuris.

Dont l'épaisseur fut chère aux nymphes du Liris ; 35

Toi surtout, ô Vaucluse ! ô retraite charmante !

Oh ! que j'aille y languir aux bras de mon amante ;

De l)aisers, de rameaux, de guirlandes lié.

Oubliant tout le monde, et du monde oublié^.

Ah I que ceux qui, plaignant l'amoureuse soufîrance, 4o

N'ont connu qu'une oisive et morne indifférence.

En bonheur, en plaisir pensent m'avoir vaincu :

Ils n'ont Mi qu'exister, l'amant seul a vécu.

V. 28. Ce vers rappelle celui de Racine dans Phèdre ; Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur.

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