LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES
A leurs yeux tout est pur comme leur âme est pure ;
Leur asile est plus beau que toute la nature.
La grotte, favorable à leurs embrassements, so
D'âge en âge est un temple honoré des amants.
0 rives du Pénée! antres, vallons, prairies,
Lieux qu*Amour a peuplés d'antiques rêveries ;
Vous, bosquets d'Anio ; vous, ombrages fleuris.
Dont l'épaisseur fut chère aux nymphes du Liris ; 35
Toi surtout, ô Vaucluse ! ô retraite charmante !
Oh ! que j'aille y languir aux bras de mon amante ;
De l)aisers, de rameaux, de guirlandes lié.
Oubliant tout le monde, et du monde oublié^.
Ah I que ceux qui, plaignant l'amoureuse soufîrance, 4o
N'ont connu qu'une oisive et morne indifférence.
En bonheur, en plaisir pensent m'avoir vaincu :
Ils n'ont Mi qu'exister, l'amant seul a vécu.
V. 28. Ce vers rappelle celui de Racine dans Phèdre ; Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur.