‹ Poésies de André ChénierChapitre 208 sur 418 · V. 39. [Horace, ÉjAt., I, xi · texte numérisé non relu

V. 39. [Horace, ÉjAt., I, xi

Tamcn illic vivere vellem,

Oblitusque meoruni, obliviscendus et illis.

Cette antitbèse a été souvent employée après Horace. Saint^Lambert a ce vers facile dans une élégie :

Oublié désormais d'un monde que j'oublie.

HéloTse, dans VÉpUre de Pope, v. 207 :

How happy is the blameless veslars lot, The iKTorld forgetting, by the world forgét. ^

Est-il croyable que Colardeau ait négligé ce trait? Le vers d*André Cbénier en est la traduction littérale. Boissonadb.J V. 43. Publius Syrus :

Annosus stultus non diu vixit, diu fuit.

Sénèque, de Brev. vU.t VIII : « Non est itaque, quod quemquam propter canos aut rugas putes diu vixisse ; non ille diu vixit, sed diu fuit. > — La Fontaine, Fab., XII, xx, parlant des stoïciens, comme Aulu-Gelle ; Ils font cesser 4e vivre avant que l'on soit'niort,

XXY

Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères

Chacun d*un front serein déguise ses misères.

Chacun ne plaint que soi. Chacun dans son ennui

Envie un autre humain qui se plaint comme lui.

Nul des autres mortels ne mesure les peines, s

Qu'ils savent tous cacher comme il cache les siennes ;

Et chacun, l'œil en pleurs, en son cœur douloureux

Se dit : « Excepté moi, tout le monde est heureux. »

Ils sont tous malheureux. Leur prière importune

Crie et demande au ciel de changer leur fortune. to

Ils changent ; et bientôt, versant de nouveaux pleurs,

Ils trouvent qu'ils n ont fait que changer de malheurs.

Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs, Et voit quelque plaisir naître au sein des douleurs.

, . Ainsi TAUobroge recèle

Sur ses monts, de l'hiver la patrie éternelle.

Et les fleurs du printemps et les biens de l'été. 5

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