‹ Poésies de André ChénierChapitre 223 sur 418 · III. — V. l-«. Tibulle, II, vi · texte numérisé non relu

III. — V. l-«. Tibulle, II, vi

Jam mala finissem leto ; sed eredtila vitam ^ Spes fovet et fore cras semper ait melius.

Spes alit agricolas, çpes sulcis crédit aratis Semida, qute magne fœnore raddat ager.

î220 ÉLÉGIES^.

Le soldat sous la' tente espère, avec la paix,

Le repos, les chansons, les danses, les banquets.

Gémissant sur le soc, le laboureur d'avance 5

Voit ses guérets chargés d*une heureuse abondance.

Moi, l'espérance amie est bien loin de mon' cœur.

Tout se couvre à mes yeux d'un voile de langueur;

Des jours amers, des nuits plus amères encore.

Chaque instant est trempé du fiel qui me dévore ; 10

Et je trouve partout mon âme et mes douleurs,

Le nom de Lycoris, et la honte et les pleurs.

Ingrate Lycoris ! à feindre accoutumée,

Avez-vous pu trahir qui vous a tant aimée?

Avez-vous pu trouver un passe-temps si doux 15

A déchirer un cœur qui n'adorait que vous ?

Amis, pardonnez-lui ; que jamais vos injures

N'osent lui reprocher ma mort et ses parjures :

Je ne veux point pour moi que son cœur soit blessé,

Ni que pour l'outrager mon nom soit prononcé. 20

La même expression de credula tpes se trouve aussi dans Horace, Od. , IV, I. Voy. dans Ovide, Pont.t I, vi, 31, la même pensée, que Ronsard, Son, pour Hélène, XVII f, a ainsi rendue :

L'espoir va soulageant l'homne demy-noyé ; L'espoir au prisonnier annonce délivrance ; Le pauvre par l'espoir allège sa souffrance.

\iz.Ti&V Anthologie grecque, voy. surtout Palladas, IX, 134. V. 9. Tibulle, II, iv, 11 :

Nunc et amara dies, et noctis amarior umbra e^^t ; Omnia jam tristi teinpora felle madent.

Properce, I, i, 33 :

In me nostra Venus noctes exercet amaras, Et nullo vacuus tempore deGt amor.

Cf. Héléagre, Anlh., Y, 212. — Ronsard, Am., II, xxiv, a dit, n'observant pas la gradation des épithètes :

Le jour m'est odieux, la nuil m'est importune.

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