III. — V. l-«. Tibulle, II, vi
Jam mala finissem leto ; sed eredtila vitam ^ Spes fovet et fore cras semper ait melius.
Spes alit agricolas, çpes sulcis crédit aratis Semida, qute magne fœnore raddat ager.
î220 ÉLÉGIES^.
Le soldat sous la' tente espère, avec la paix,
Le repos, les chansons, les danses, les banquets.
Gémissant sur le soc, le laboureur d'avance 5
Voit ses guérets chargés d*une heureuse abondance.
Moi, l'espérance amie est bien loin de mon' cœur.
Tout se couvre à mes yeux d'un voile de langueur;
Des jours amers, des nuits plus amères encore.
Chaque instant est trempé du fiel qui me dévore ; 10
Et je trouve partout mon âme et mes douleurs,
Le nom de Lycoris, et la honte et les pleurs.
Ingrate Lycoris ! à feindre accoutumée,
Avez-vous pu trahir qui vous a tant aimée?
Avez-vous pu trouver un passe-temps si doux 15
A déchirer un cœur qui n'adorait que vous ?
Amis, pardonnez-lui ; que jamais vos injures
N'osent lui reprocher ma mort et ses parjures :
Je ne veux point pour moi que son cœur soit blessé,
Ni que pour l'outrager mon nom soit prononcé. 20
La même expression de credula tpes se trouve aussi dans Horace, Od. , IV, I. Voy. dans Ovide, Pont.t I, vi, 31, la même pensée, que Ronsard, Son, pour Hélène, XVII f, a ainsi rendue :
L'espoir va soulageant l'homne demy-noyé ; L'espoir au prisonnier annonce délivrance ; Le pauvre par l'espoir allège sa souffrance.
\iz.Ti&V Anthologie grecque, voy. surtout Palladas, IX, 134. V. 9. Tibulle, II, iv, 11 :
Nunc et amara dies, et noctis amarior umbra e^^t ; Omnia jam tristi teinpora felle madent.
Properce, I, i, 33 :
In me nostra Venus noctes exercet amaras, Et nullo vacuus tempore deGt amor.
Cf. Héléagre, Anlh., Y, 212. — Ronsard, Am., II, xxiv, a dit, n'observant pas la gradation des épithètes :
Le jour m'est odieux, la nuil m'est importune.