‹ Poésies de André ChénierChapitre 232 sur 418 · A ABEL · texte numérisé non relu

A ABEL

Pourquoi de mes loisirs accuser la langueur ?

Pourquoi vers des lauriers aiguillonner mon cœur?

Abel, que me veux-tu? Je suis heureux, tranquille.

Tu veux m'ôter mon bien, mon amour, ma Camille,

Mes rêves nonchalants, l'oisiveté, la paix ; 5

A Tombre, au bord des eaux, le sommeil pur çt frais.

Ai-je connu jamais ces noms brillants de gloire

Sur qui tu viens sans cesse arrêter ma mémoire ?

Pourquoi me rappeler, dans tes cris assidus,

.le ne sais quels projets que je xie connais plus? 10

Que d'Achille outragé l'inexorable absence

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