‹ Poésies de André ChénierChapitre 231 sur 418 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Te paraisse bien lent ; je veux que nuit et jour

Tu m'aimes (nuit et jour, hélas ! je me tourmente ! ).

Présente au milieu d'eux, sois seule, sois absente ;

Dors en pensant à moi ; rêve-moi près de toi ;

Ne vois que moi sans cesse, et sois toute avec moi. £0

Au retour d'un festin, seule, ô dieux ! sur ta couche,

Si cet heureux papier s'approchait de ta bouche !

Enfermé dans la soie, oh ! si ta belle main

Daignait le retrouver, le presser sur ton sein !

Je ie saurai ; l'Amour volera me le dire. 85

Dans l'âme d'un poëte un dieu même respire ;

Et ton cœur ne pourra me faire un si grand bien.

Sans qu'un transport subit avertisse le mien.

Fais-le naître, ô Camille. Alors toutes mes peines

S'adoucissent ; alors, dans mes paisibles veines, 90

Mon sang coule en flots purs et de lait et de miel, .

Et mon âme se croit habitante du ciel !

y a dans ces vers de Téreiice. Voici Ja traduction en vers de M. le marquis de Belloy ;

Adieu, ne voulez-vous rien de plus aujourd'hui? — Que voudrais-je, Thaïs, sinon que, près de lui, Ton flme en soit bien loin ; que tu m'aimes absente; Que je sois ton désir, ton rêve, ton attente. Ton ivresse, ton bien ; que tu sois toute ù moi, De cœur, puisque le mien ne bat plus que pour toi?

Ovide a dit dans VArt (V aimer j II, 3i7 :

Te semper videat, tibi semper prtebeat aures ; Exhibeat vultus noxque diesque tuos.

V. 80. rélégie s'arrête à ce vers dans les éd. 1819, 1826, 1833. Ce que réd. 1833 publia comme Fragments, Véd. 1839 le joignit à l'élégie. Le. passage qui suit [v. 81 à 92) s'y adapte heureusement, et nous l'avons conservé ; mais le fragment : Aimi le jeune amant y etc., ne s'y rapporte en rien et ne lui appartient pas. On le trouvera dans VArt d*aimer,

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