‹ Poésies de André ChénierChapitre 236 sur 418 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

De ses bras, de ses mains, le transparent ivoire. 60

Mais si jamais, sans voile et les cheveux épars,

Elle a rassasié ma flamme et mes regards,

Elle me fait chanter, amoureuse Ménade,

Des combats de Paphos une longue Iliade;

Et si de mes projets le vol s'est abaissé, es

A la lyre d'Homère ils n'ont point renoncé.

Hais en la dépouillant de ses cordes guerrières,

Ha main n'a su garder que les cordes moins fières

Qui chantèrent Hélène et les joyeux larcins.

Et l'iieureuse Gorcyre, amante des festins. 70

Hes chansons à Camille ont été séduisantes.

Heureux qui peut trouver des Muses complaisantes.

Dont la voix sollicite et mène à ses désirs

Une jeune beauté qu'appelaient ses soupirs!

Hier, entre ses bras, sur sa lèvre fidèle, 75

J'ai surpris quelques vers que j'avais faits pour elle.

y. 64. G'esMh-dire : Elle me fait chanter une suite de combats amoureux aussi nombreux et aussi héroïques que Us combats qui remplissent riliade. [Les Grecs ont le proverbe iXtxç /.axôiv, et les Latins Tont quelquefois employé. Ovide, Pontiques, II, vu :

Qua tibi »i inemori coner perscribere versu, llias e^t fatis longa futura meis.

La Fontaine, dans une lettre à l'abbé Vergier : « Vous conterez, s'il vous plaît, à la compagnie Tiliade de mes malheurs. 9 Boissonadk.] Properce, dans les vers cités ci-dessus, multiplie encore la force de la pensée par le pluriel. Plutarque, Conjug. Prcsce/)., 21, a employé cettp même expression ainsi : c< 'O Si èxsivwv [ 'EXivYH UipiSôi t b 7oc/ao>^ *U(scoa xn/.ôij

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