‹ Poésies de André ChénierChapitre 246 sur 418 · V. 76. Properce, II, viii · texte numérisé non relu

V. 76. Properce, II, viii

Eripitur nobis jam pridem cara puella,

Et tu me larrymas fundere, an ice, vetas? NuUœ sunt inimicitiuî, nisi amori:^, acerbae :

Ipsum me jugula, lenior hostis ero.

Possum ego in alterius poiitam spectare lacerto ?

Cr. Bertin, Am., II, ix; Le Brun, £/., III, vi; II, v.

\. 78. Que de vœux, de menaces, d'imprécations adressées à celte porte par les poètes ! Yoy. Catulle, LXYII, etc.

Elle entendra mes pleurs, elle verra mes larmes ;

Et dans ses yeux divins, pleins de grâces, de charmes, no

Le sourire ou la haine, arbitres de mon sort,

Vont ou me pardonner, ou prononcer ma mort.

Il n*est donc plus d'espoir, et ma plainte perdue

A son esprit distrait n*est pas même rendue!

Couchons-nous sur sa porte. Ici, jusques au jour

Elle entendra les pleurs d'un malheureux amour.

Mais, non... Fuyons... Une autre avec plaisir tentée n

Prendra soin d'accueillir ma flamme rebutée.

Et de mes longs tourments pour consoler mon cœur...

Mais plutôt renonçons à ce sexe trompeur.

Qui ? moi ? j'aurais voulu sur ce seuil inflexible

Tenter à mes douleurs un cœur inaccessible ; 10

J'aurais flatté, gémi, pleuré, prié, pressé !...

Que l'amour au plus sage inspire de folie !

Allons; me voilà libre, et pour toute ma vie.

Oui, j'y sui§ résolu; je n'aimerai jamais;

J'en jure... Ma perfide avec tous ses attraits 45

Ferait pour m'apaiser un effort inutile...

J'admire seulement qu'à ce sexe imbécile

Nous daignions sur nos vœux laisser aucun pouvoir ;

Pour repousser ses traits on n'a qu'à le vouloir.

Ingrate que j'aimais, je te hais, je t'abhonre... îo

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