‹ Poésies de André ChénierChapitre 264 sur 418 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Non, je ne l'aime plus ; un autre la possède.

On s'accoutume au mal que Ton voit sans remède.

De ses caprices vains je ne veux plus souffrir :

Mon élégie en pleurs ne sait plus l'attendrir;

Allez, Muses, partez : votre art m'est inutile. 5

Que me font vos lauriers ? Vous laissez fuir Camille.

Près d'elle je voulais vous avoir pour soutien ;

Allez, Muses, partez, si vous n'y pouvez rien.

Voilà donc comme on aime ! On vous tient, vous caresse, Sur les lèvres toujours on a quelque promesse! 10

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