LIVRE II. — CAMILLE
Seul, c'est moi qui serai partout, à tout moment, Son esclave fidèle et son fidèle amant. » Tels étaient mes projets qu'insensés et volages Le vent a dissipés parmi de vains nuages !
Ah ! quand d'un long espoir on flatta ses désirs, 35
On n'y renonce point sans peine et sans soupirs.
Que de fois je t'ai dit : a Garde d'être inconstante,
Le monde entier déteste une parjure amante.
Fais-moi plutôt gémir sous des glaives sanglants.
Avec le feu plutôt déchire-moi les flancs. » 40
0 honte ! à deux genoux, j'exprimais ces alarmes;
J'allais couvrant tes pieds de haisers et de larmes.
Tu me priais alors de cesser de pleurer ;
En foule tes serments venaient me rassurer.
Y. 33. Tibulle, I, v,56:
Hœc mihi fingebain, quao nunc Eurusque Notusque Jactat odoratos vota per Ârmenios.
Celte pensée est familière à Catulle; voy. LXIV, 58, 141 ; XXX, 9; du reste, on la rencontre très-souvent dans les poètes grecs et latins. Cf. Homère, Odyss., YIlI, 408 ; Euripide, Héc, 534 ; Théocrite, Idyl., XXII, 167; Méléngre, Anal., I, p. 21, lxxi; Virgile, Enéide, IX, 312; Ovide, Hér., VII, 8; Claudien, Rapt. Pros., IIl, 138; Slace, ylc/i., II, 286. V. 37-58. Imité de Tibulle, I, ix, 17 :
Admonui quoties : auro ne pollue formam ; . . . Ure meuro potius flamma caput, et pete ferro
Corpus, et intorto verberc terga seca .... Nunc me flevisse loquentem,
Nunc pudet ad teueros proeubuisse pedes. Tune mihi jurabas, nullo te divitis auri
Pondère, non gemmi^ vendere velle fidem ; Non tibi si prelium Campania terra darelur,
Non tibi, si Bacchi cura, Falernus ager. Illis eriperes verbis mihi, sidéra cœlo
Lucere, et puras fulminis esse vias.
Quin etiam flebas : at ego, non fallere doctus,
Tergebam humentes credulus usque gênas. . . . nia velim rapida Vulcanus carmina flamma
Torreat, et liquida deleat amuis aqua.