‹ Poésies de André ChénierChapitre 268 sur 418 · V. 40. Cf. Properce, I, i · texte numérisé non relu

V. 40. Cf. Properce, I, i

270 ÉLËGIES.

Mes craintes t'oflensaieiit ; tu n'étais pas de celles in

Qui font jeu de courir à des flammes nouvelles :

Mille sceptres offerts pour ébranler ta foi,

Eût-ce été rien au prix du bonheur d*être à moi?

Avec de tels discours, ah ! tu m'aurais fait croire

Aux clartés du soleil dans la nuit la plus noire. m

Tu pleurais même ; et moi, lent à me défier.

J'allais avec le lin dans tes yeux essuyer

Ces larmes lentement et malgré toi séchées ;

Et je baisais ce lin qui les avait touchées.

Bien plus, pauvre insensé! j'en rougis : mille fois 55

Ta louange a monté ma lyre avec ma voix.

Je voudrais que Vulcain, et l'onde oii tout s'oublie.

Eût consumé ces vers témoins de ma folie.

La même lyre encor pourrait bien me venger.

Perfide ! Mais non, non, il faut n'y plus songer. 60

Quoi ! toujours un soupir vers elle me ramène !

Allons, haïssons-la, puisqu'elle veut ma haine.

Oui, je la hais. Je jure... Eh ! serments superflus !

N'ai-je pas dit assez que je ne l'aimais plus?

Y. 43. « Tu n'étais pas de celles qui... » tournure familière dont Racine, dans Phèdre, III, m, offre un remarquable exemple :

Je sais mes perfidies,

Œnone, et ne suis point de ces femmes hardies Qui, goûtant daiis le crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais.

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