‹ Poésies de André ChénierChapitre 271 sur 418 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Lui-même à l'essayer justement condamné, A fait mugir lairain qu'il avait façonné.

Maintenant, poursuivez : il suffit qu'on vous voie.

Vos filets aisément feront une autre proie ; 40

Je m'en fie à votre art moins qu'à votre beauté.

Toutefois, songez-y, fuyez la vanité.

Vous me devez un peu cette beauté nouvelle ;

Vos attraits sont à moi, c'est moi qui vous fis belle.

Soit orgueil, indulgence ou captieux détour, 45

Soit que mon cœur, gagné par vos semblants d'amour.

D'un peu d'aveuglement n'ait point su se défendre

(Car mon cœur est si bon et ma muse est si tendre!).

Je vins à vos genoux, en soupirs caressants.

D'un vers adulateur vous prodiguer l'encens. 50

De vos regards éteints la tristesse chagrine

Fut bientôt dans mes vers une langueur divine.

Ce corps fluet, débile et presque inanimé.

En un corps tout nouveau dans mes vers transformé,

d'airain dans les flancs duquel on devait brûler des victimes ; il avait adapté des flûtes aux naseaux de Tanimal, par où, s'échappant et se changeant en thrènes mélodieux, les cris du patient devaient charmer les oreilles de Phalaris, tyran d'Âgrigente, à qui Périllus fit don de son taureau. Mais Phalaris, pour essayer le taureau, y fit brûler l'inventeur lui-même. Voy. Tzetzes, H., I 646. Cf. Plutarque, Paraît , XXXIX : Pindàvey Pyth., I, 185; Lucien, Phal. prior, XI, XII;Diodore, XIII, xc. Quand André écrivit ces vers, il est probable qu'il venait de lire Yalère Maxime, qui, au livre IX, dans son chapitre ii, Sur la cniauté, a rapporté l'histoire du taureau et de Périllus, qu'il appellç : a Sœvus il'e senei tauri inventor. »

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