‹ Poésies de André ChénierChapitre 280 sur 418 · LIVRE II. — D'.R · texte numérisé non relu

LIVRE II. — D'.R

Hier en te quittant, enivré de tes charmes,

Belle D\r.., vers moi, tenant en main des armes,

Une troupe d'enfants courut de toutes parts :

Ils portaient des flambeaux, des chaînes et des dards.

Leurs dards m'ont pénétré jusques au fond de Pâme, .»>

Leurs flambeaux sur mon sein ont secoué la flamme,

Leurs chaînes m'ont saisi. D'une cruelle voix :

« Aimeras-tu D'.r..? criaient-ils à la fois.

L'aimeras-tu toujours? » Troupe auguste et suprême,

Ah ! vous le savez trop, dieux enfants, si je l'aime. lo

Mais qu'avez-vous besoin de chaînes et de traits ?

Je n'ai point voulu fuir. Pourquoi tous ces apprêts ?

Sa beauté pouvait tout : mon âme sans défense

N'a point contre ses yeux cherché de résistance.

Oui, je brûle; ô D'.r..! laisse-moi du repos. IH

XXIV. — Cette pièce n'est point adressée à Daphné. Partout où M. de Latoucbe a mis Daphné, nous avons rétabli D'.r... (d'Arsy) d'après le manuscrit, dont on peut voir un fac-similé au premier volume des Œuvres deM.-J. Chénier, édition 1824 et 18^.

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