‹ Poésies de André ChénierChapitre 287 sur 418 · LIVRE III. ^ FANNY · texte numérisé non relu

LIVRE III. ^ FANNY

Il fuit ; et jusqu'au jour, de son trouble occupé, «o

Absente, il ose au moins lui dire :

Fanny, belle adorée aux yeux doux et sereins.

Heureux qui n'ayant d'autre envie Que de vous voir, vous plaire et vous donner sa vie.

Oublié de tous les humains, ^

Près d'aller rejoindre ses pères.

Vous dira, vous pressant de ses mourantes mains :

Crois-tu qu'il soit des cœurs sincères ?

A FANNY

Mai de moins de roses, l'automne

De moins de pampres se couronne,

Moins d'épis flottent en moissons.

Que sur mes lèvres, sur ma lyre,

Fanny, tes regards, ton sourire, 5

Ne font éclore de chansons.

Les secrets pensers de mon âme

Sortent en paroles de flamme,

A ton nom doucement émus :

Ainsi la nacre industrieuse iO

Jette sa perle précieuse.

Honneur des sultanes d'Ormuz.

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