‹ Poésies de André ChénierChapitre 290 sur 418 · AUX PREMIERS FRUITS DE MON VERGER · texte numérisé non relu

AUX PREMIERS FRUITS DE MON VERGER

Précurseurs de l'automne, ô fruits nés d'une terre Où Tart industrieux, sous ses maisons de v^rre, Des soleils du Midi sait feindre les chaleurs, Allez trouver Fanny, cette mère craintive ; A sa fille aux doux yeux, ileur débile et tardive, 5

Rendez la force et les couleurs.

Non qu'un péril funeste assiège son enfance ; Mais du cœur maternel la tendre défiance N'attend pas le danger qu'elle sait trop prévoir ; Et Fanny, qu'une fois les destins ont frappée, lo

Soupçonneuse et longtemps de sa perte occupée, Redoute de loin leur pouvoir.

L'été va dissiper de si promptes alarmes. Nous devons en naissant tous un tribut de larmes. Les siennes ont déjà trop satisfait aux dieux. 15

Sa beauté, ses vertus, ses grâces naturelles, N*ont point des dieux sans doute, ainsi que des mortelles. Armé le courroux envieux.

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