V. 39. Virgile, ÉgL, I
Tu, Tityre, lentus in umbra
Formosain resonarc doces Amaryllida silvas.
Qu'un autre soit jaloux d'illustrer sa mémoire ; Moi, j'ai besoin d'aimer. Qu'ai-je besoin de gloire,
I. — Cette pièce, que les éditions précédentes ont toutes rangée dans les élégies, est une épitre, où André répond aux vers que lui avait adressés Le Brun avant son départ pour le régiment. On a toigours dit que répitre de Le Brun était une réponse à celle que Ghénier adresse à Le Brun et au marquis de Brazak. C'est une erreur. L'épitre de Le Brun a été écrite avant le départ d'André pour Strasbourg ; car, insérée dans VAlmanach des Muses, 1792, elle est accompagnée d'une note ainsi conçue : <z Ce jeune officier, qui avait les plus grandes dispositions pour la poésie, allait rejoindre son régiment. » Et dans l'épitre, on lit ces deux vers ;
Les armes sont tes jeux : vole à nos étendards; Les Muses te suivront sons les tentes de Mars.
En comparant répître de Le Brun avec cette pièce, on verra que celle-ci est véritablement la première réponse d'André, Le Brun lui avait dit : « Apollon te vouait à l'immortalité. » Il lui avait parlé de V espoir d'uil nom fameux, et il avait terminé ainsi :
La gloire, et l'amitié plus douce que la gloire, Fixeront nos destins au temple de Mémoire.
Or la gloire, voilà le thème de cette première épitre ; Tamitié sera celui de la seconde, adressée à Le Brun et au marquis de Brazais. y. 1. Voici dans Horace, Od., I, vn, une forme semblable de début :
Laudabunt alii claram Bhodon, aut Mit]^enem, etc/ Y. 2. TibuUe, I, I, 57 :
Non ego laudari euro, mea Délia : tecum Dummodo sim, quaeso, segnis inersque vocer.
S'il faut, pour obCenir ses regards oomplaîsauits, A l'ennui de l'étude immoler mes beaux ans; S'il dut, toujours errant, sans lien, sans maîtresse, 5
Étoufier dans mon cœur la toîx de la jeunesse. Et, sur un lit oisif, consumé de langueur. D'une nuit solitaire accuser la longueur? Aux sonmiets on Phœbus a choisi sa retraite, En£uit, je n'allai point me réveiller poète : ^ lo
Mon coeur, loin du Permesse, a connu dans un jour Les feux de Calliqie et les feux de l'amour, .li'amour seul dans mon âme a créé le génie ; L'amour est seul arbitra et seul dieu de ma irio. En £iveur de l'amour quelquefois Apollou 15
Jusqu'à moi volera de son double vallon :
V. 3. Plus tard, sous la pure inspiration de Fanny, il dira aneontrairp :
Qh ! qae n'ai-je moi seul Umt l'éclat et la gloire Que donnent les talents, la beauté, la.TÎctoire, Pour fixer sur moi seul ta pensée et tes yeux!